lundi 31 mai 2010
dimanche 30 mai 2010
samedi 29 mai 2010
Cinquième épisode
Sixième scène
J'avais hâte de reprendre les préparatifs de la future campagne. Dans quelques jours nous allions passer à une phase plus offensive. Je commençais à entrevoir les bénéfices qu'on pouvait tirer du disrupteur de Ktanm. Nous arrivions à Arche 12. Je vis avec plaisir tous les F55 alignés sur le tarmac. Etait-ce en notre honneur? Je soignais notre approche et laissais Ktanm faire un superbe atterrissage. Il me restait de ces derniers jours une impression d'étrangeté, comme si tout cela n'était qu'un rêve et un sentiment d'insécurité. Ktanm n'était pas infaillible. Ktanm nous rangea au bout de la ligne de vaisseaux à deux pas de l'entrée de la base. J'actionnais le sas pour sortir mais rien ne se passa. Le voyant clignotant revint à ma mémoire. Je faisais une demande d'aide à la tour quand Ktanm m'expliqua que cela ne servait à rien. La porte du sas était bloquée. Cela ne m'affola pas outre mesure. Nous avions encore quelques jours pour réparer cela. J'attendis patiemment les techniciens. Je profitais de ce temps d'attente pour écouter les rapports des chefs de groupe et de l'état des préparatifs. Les efforts des techniciens faisaient vibrer Ktanm sans résoudre le problème.
- De leader à Chef Tarmac. Qu'est-ce qui se passe?
- Ici le chef Tarmac. La panne est plus conséquente que ce que nous pensions. Votre vaisseau a dû prendre un sacré coup de chaud pour faire bouger le blindage comme ça!
- Ce qui veut dire?
- Je suis désolé, Leader, mais pour vous sortir de là, il faut démonter presque la moitié du vaisseau. Il y en a au bas mot, pour deux décades.
Je restais sans voix. Nous allions être bloqués pendant au moins une vingtaine de jours alors que nous devions rejoindre la base d'attaque du Double Huit dans quelques jours. Je jugeais cela impossible.
- De leader à Chef Tarmac. Les circuits de gestion de la capsule pilote fonctionnent-ils toujours?
- Les alimentations air-eau-nourriture ainsi que les évacuations sont fonctionnelles. En attendant de vous sortir de là, nous allons les employer pour votre survie.
- Bien reçu, chef Tarmac;
Je passais les quelques heures suivantes à réfléchir sur mon siège. Ktanm restait opérationnelle. Seul mon confort était en jeu. Passer quelques jours à bord ne me faisait pas peur. En mission, cela nous arrivait régulièrement. J'y voyais un signe pour avancer notre départ au lieu de le reculer.
Pesant le pour et le contre, je pris la décision. Nous partirions dès que possible pour l'astéroïde. Contactant les chefs de groupe et le commandant de la base, j'expliquais mes intentions. Des ordres venant directement de l'Empereur me donnaient toute liberté pour organiser ma campagne militaire. J'en profitais pour prévoir un départ dans deux jours puisque tous les pilotes étaient de retour. Il restait un point obscur. Le TET ouvert dans la planète, où conduisait-il? Le disrupteur était une arme encore secrète. Aucune information n'existait sur le RésOrd. Ktanm en savait assez pour en vouloir un. Elle savait son action mais n'en connaissait pas les conséquences. L'apparition de ce TET l'avait autant étonné que moi. C'était le premier dans une planète. Où allait-il? La trame de l'espace-temps avait été bousculée. Si l'entrée du tunnel était la caldera, où était la sortie? Il fallait que je sache si le chemin que j'avais ouvert pouvait se révéler dangereux.
Je demandais à Ktanm son avis :
- Je suis comme toi. Je ne sais pas où il débouche. J'espère que ce n'est pas au coeur du soleil.
- Tu es d'accord pour aller voir.
- Oui, mais si je sens que nous finissons dans une étoile, je dégage avant.
- Mais c'est bien comme cela que je l'entendais, Ktanm. C'est bien comme cela que je l'entendais.
J'avais donné mes ordres mais pas d'explication sur mon décollage. Deux F55 m'avaient escorté. Thanmat était un de ses pilotes prometteur, un simpalais de huitième niveau selon Ktanm. Il était le plus haut niveau des pilotes de la grande Simpalaa des escadrilles sous mes ordres. Il avait pris sur lui de décoller avec son binôme sans me demander l'autorisation. Ktanm m'avait demandé de ne rien dire. Arrivé au-dessus de la caldera, je leur avais intimé l'ordre de tirer sur tout ce qui pouvait sortir du TET qui n'était pas moi, tout en leur expliquant que je serais de retour au plus dans deux jours.
Je les laissais tourner en rond pendant que je plongeais dans le tunnel. Au premier abord, les sensations étaient les mêmes. Pourtant très vite Ktanm manifesta sa nervosité.
- Il est étrange ce TET, Right. Je n'ai jamais ressenti cela ailleurs.
Je me laissais ressentir comme elle me l’avait appris. Avec les autres TET, on avait l'impression d'être dans un tunnel entouré d'espace et d'autres tunnels. Comme les TET jouaient aussi sur le temps, j'avais des impressions de contractions extensions, contractions des trois dimensions de l'espace permettant de dilater le temps. Ici, je sentais cela mais encore plus étrange, j'avais une impression de pouvoir choisir. Un TET a une entrée et une sortie. C'est ce qui rend nécessaire ce que nous faisions : une carte. La plupart des TET sont courts. Quelques uns vont de système en système et d'autres permettent même de changer de nébuleuse. Il y a des pièges parfois avec des TET qui finissent dans des trous noirs ou au coeur d'une étoile. Avec Ktanm nous avions appris à faire demi-tour ou à sauter dans un autre TET. Ce TET planétaire était étrange. J'eus le sentiment que je pouvais intervenir sur l'arrivée du TET. Une idée fugitive me traversa l'esprit. Ktanm cria :
- Right! Qu'est-ce que tu as fait ? Je dégage!
Nous venions de jaillir dans un système composé d'une étoile simple et de quelques planètes. J'eus à peine le temps de le voir que nous repartions dans le TET d'où nous sortions.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Ce système est fou. Les perturbations électromagnétiques y sont majeures. C'est trop dangereux pour moi.
- Qu'est-ce que c'est que ce système? As-tu eu le temps de noter les coordonnées?
- C'est un banal système de huitième catégorie sans intérêt. Il n'y a même pas d'astroport digne de ce nom.
Je n'eus pas le temps de poser plus de questions, que nous étions revenus à la caldera.
- De Thanmat à leader, vous êtes déjà de retour?
- De leader à Thanmat, oui mais nous refaisons un essai.
Ktanm réagit immédiatement.
- Je ne retourne pas là-bas, Right! Je n'aime pas du tout.
- Non, Ktanm. Je voudrais vérifier quelque chose. Les coordonnées du système où nous sommes allé, le mettent à quelle distance de Endoor? Plus près ou plus loin que la Terre Un.
- Nettement plus loin, c'est presque l'autre bout de la galaxie.
- Tu ne trouves pas étonnant qu'on ait fait le voyage en moins d'une heure?
- Effectivement Right, mais je n'y resterai pas plus longtemps que la première fois.
- Pas de problème, Ktanm, c'est juste pour vérifier.
Nous nous alignâmes avec l'entrée du TET. Je ressentis le changement et je pensais à Terre Un, près du secteur du TET que je connaissais pour l'avoir déjà emprunté lors de mon voyage pour aller voir l'Empereur.
A notre sortie Ktanm s'exclama :
- C'est incroyable Right! Qu'est-ce que c'est que ce truc? Un TET ne peut pas finir à deux endroits différents!
- Je crois que ce n'est pas un TET. J'ai l'impression de pouvoir diriger l'arrivée. La première fois j'ai pensé à mon père et nous sommes arrivés dans le système d'Hautmégafine. Là j'ai pensé à Terre Un et nous y sommes parvenus. C'est un Carrefour d'Espace-Temps.
- Je ne ressens rien de tout cela.
- Est-ce que le disrupteur n'en est pas la cause?
- Non, Right. Il y a eu des essais dans le vide, sur des cibles, sur des astéroïdes et sur des planètes mais jamais il n'y a eu cela. Dans ce CET, puisque tu lui donnes ce nom, j'ai l'impression de toucher aux origines du monde.
- Nous pouvons rentrer Ktanm. Je crois avoir compris.
- Non, Right. Nous allons aller voir l'Empereur.
Ktanm lança les moteurs à fond. Elle lança un code 4. S'en suivit une discussion en langage machine que je ne compris pas. A peine avions-nous approché de Terre Un qu'une escorte de chasseurs impériaux nous encadra sans que nous ralentissions. L'entrée dans l'atmosphère se fit à la limite de la sécurité. A peine étions-nous posés que l'Empereur s'avança seul. Son visage était grave. Il posa la main sur le vaisseau. Lorsqu’il commença à parler, Ktanm coupa les sources audio et vidéo en me soulignant le caractère privé de la rencontre. Je pestais intérieurement.
Leur discussion fut courte et notre départ brutal.
- Tu pourrais me rebrancher !
- Oh ! Pardon, Right. Je pensais.
- Ça, je m’en doutais ! Tu pourrais m’en dire plus ?
- Ça me regarde, Right. L’Empereur est d’accord avec moi, ce CET est une anomalie et ne vient pas du disrupteur. Je lui ai raconté ce que tu m’avais raconté. Je l’ai senti inquiet de la possible présence d’habitants sur Endoor. Il y a des forces en jeu qu’il préfère ne pas voir. Ses ordres sont clairs : nous allons sur le Double huit avec l’interdiction d’utiliser ce truc tant qu’il n’a pas été exploré.
J'avais hâte de reprendre les préparatifs de la future campagne. Dans quelques jours nous allions passer à une phase plus offensive. Je commençais à entrevoir les bénéfices qu'on pouvait tirer du disrupteur de Ktanm. Nous arrivions à Arche 12. Je vis avec plaisir tous les F55 alignés sur le tarmac. Etait-ce en notre honneur? Je soignais notre approche et laissais Ktanm faire un superbe atterrissage. Il me restait de ces derniers jours une impression d'étrangeté, comme si tout cela n'était qu'un rêve et un sentiment d'insécurité. Ktanm n'était pas infaillible. Ktanm nous rangea au bout de la ligne de vaisseaux à deux pas de l'entrée de la base. J'actionnais le sas pour sortir mais rien ne se passa. Le voyant clignotant revint à ma mémoire. Je faisais une demande d'aide à la tour quand Ktanm m'expliqua que cela ne servait à rien. La porte du sas était bloquée. Cela ne m'affola pas outre mesure. Nous avions encore quelques jours pour réparer cela. J'attendis patiemment les techniciens. Je profitais de ce temps d'attente pour écouter les rapports des chefs de groupe et de l'état des préparatifs. Les efforts des techniciens faisaient vibrer Ktanm sans résoudre le problème.
- De leader à Chef Tarmac. Qu'est-ce qui se passe?
- Ici le chef Tarmac. La panne est plus conséquente que ce que nous pensions. Votre vaisseau a dû prendre un sacré coup de chaud pour faire bouger le blindage comme ça!
- Ce qui veut dire?
- Je suis désolé, Leader, mais pour vous sortir de là, il faut démonter presque la moitié du vaisseau. Il y en a au bas mot, pour deux décades.
Je restais sans voix. Nous allions être bloqués pendant au moins une vingtaine de jours alors que nous devions rejoindre la base d'attaque du Double Huit dans quelques jours. Je jugeais cela impossible.
- De leader à Chef Tarmac. Les circuits de gestion de la capsule pilote fonctionnent-ils toujours?
- Les alimentations air-eau-nourriture ainsi que les évacuations sont fonctionnelles. En attendant de vous sortir de là, nous allons les employer pour votre survie.
- Bien reçu, chef Tarmac;
Je passais les quelques heures suivantes à réfléchir sur mon siège. Ktanm restait opérationnelle. Seul mon confort était en jeu. Passer quelques jours à bord ne me faisait pas peur. En mission, cela nous arrivait régulièrement. J'y voyais un signe pour avancer notre départ au lieu de le reculer.
Pesant le pour et le contre, je pris la décision. Nous partirions dès que possible pour l'astéroïde. Contactant les chefs de groupe et le commandant de la base, j'expliquais mes intentions. Des ordres venant directement de l'Empereur me donnaient toute liberté pour organiser ma campagne militaire. J'en profitais pour prévoir un départ dans deux jours puisque tous les pilotes étaient de retour. Il restait un point obscur. Le TET ouvert dans la planète, où conduisait-il? Le disrupteur était une arme encore secrète. Aucune information n'existait sur le RésOrd. Ktanm en savait assez pour en vouloir un. Elle savait son action mais n'en connaissait pas les conséquences. L'apparition de ce TET l'avait autant étonné que moi. C'était le premier dans une planète. Où allait-il? La trame de l'espace-temps avait été bousculée. Si l'entrée du tunnel était la caldera, où était la sortie? Il fallait que je sache si le chemin que j'avais ouvert pouvait se révéler dangereux.
Je demandais à Ktanm son avis :
- Je suis comme toi. Je ne sais pas où il débouche. J'espère que ce n'est pas au coeur du soleil.
- Tu es d'accord pour aller voir.
- Oui, mais si je sens que nous finissons dans une étoile, je dégage avant.
- Mais c'est bien comme cela que je l'entendais, Ktanm. C'est bien comme cela que je l'entendais.
J'avais donné mes ordres mais pas d'explication sur mon décollage. Deux F55 m'avaient escorté. Thanmat était un de ses pilotes prometteur, un simpalais de huitième niveau selon Ktanm. Il était le plus haut niveau des pilotes de la grande Simpalaa des escadrilles sous mes ordres. Il avait pris sur lui de décoller avec son binôme sans me demander l'autorisation. Ktanm m'avait demandé de ne rien dire. Arrivé au-dessus de la caldera, je leur avais intimé l'ordre de tirer sur tout ce qui pouvait sortir du TET qui n'était pas moi, tout en leur expliquant que je serais de retour au plus dans deux jours.
Je les laissais tourner en rond pendant que je plongeais dans le tunnel. Au premier abord, les sensations étaient les mêmes. Pourtant très vite Ktanm manifesta sa nervosité.
- Il est étrange ce TET, Right. Je n'ai jamais ressenti cela ailleurs.
Je me laissais ressentir comme elle me l’avait appris. Avec les autres TET, on avait l'impression d'être dans un tunnel entouré d'espace et d'autres tunnels. Comme les TET jouaient aussi sur le temps, j'avais des impressions de contractions extensions, contractions des trois dimensions de l'espace permettant de dilater le temps. Ici, je sentais cela mais encore plus étrange, j'avais une impression de pouvoir choisir. Un TET a une entrée et une sortie. C'est ce qui rend nécessaire ce que nous faisions : une carte. La plupart des TET sont courts. Quelques uns vont de système en système et d'autres permettent même de changer de nébuleuse. Il y a des pièges parfois avec des TET qui finissent dans des trous noirs ou au coeur d'une étoile. Avec Ktanm nous avions appris à faire demi-tour ou à sauter dans un autre TET. Ce TET planétaire était étrange. J'eus le sentiment que je pouvais intervenir sur l'arrivée du TET. Une idée fugitive me traversa l'esprit. Ktanm cria :
- Right! Qu'est-ce que tu as fait ? Je dégage!
Nous venions de jaillir dans un système composé d'une étoile simple et de quelques planètes. J'eus à peine le temps de le voir que nous repartions dans le TET d'où nous sortions.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Ce système est fou. Les perturbations électromagnétiques y sont majeures. C'est trop dangereux pour moi.
- Qu'est-ce que c'est que ce système? As-tu eu le temps de noter les coordonnées?
- C'est un banal système de huitième catégorie sans intérêt. Il n'y a même pas d'astroport digne de ce nom.
Je n'eus pas le temps de poser plus de questions, que nous étions revenus à la caldera.
- De Thanmat à leader, vous êtes déjà de retour?
- De leader à Thanmat, oui mais nous refaisons un essai.
Ktanm réagit immédiatement.
- Je ne retourne pas là-bas, Right! Je n'aime pas du tout.
- Non, Ktanm. Je voudrais vérifier quelque chose. Les coordonnées du système où nous sommes allé, le mettent à quelle distance de Endoor? Plus près ou plus loin que la Terre Un.
- Nettement plus loin, c'est presque l'autre bout de la galaxie.
- Tu ne trouves pas étonnant qu'on ait fait le voyage en moins d'une heure?
- Effectivement Right, mais je n'y resterai pas plus longtemps que la première fois.
- Pas de problème, Ktanm, c'est juste pour vérifier.
Nous nous alignâmes avec l'entrée du TET. Je ressentis le changement et je pensais à Terre Un, près du secteur du TET que je connaissais pour l'avoir déjà emprunté lors de mon voyage pour aller voir l'Empereur.
A notre sortie Ktanm s'exclama :
- C'est incroyable Right! Qu'est-ce que c'est que ce truc? Un TET ne peut pas finir à deux endroits différents!
- Je crois que ce n'est pas un TET. J'ai l'impression de pouvoir diriger l'arrivée. La première fois j'ai pensé à mon père et nous sommes arrivés dans le système d'Hautmégafine. Là j'ai pensé à Terre Un et nous y sommes parvenus. C'est un Carrefour d'Espace-Temps.
- Je ne ressens rien de tout cela.
- Est-ce que le disrupteur n'en est pas la cause?
- Non, Right. Il y a eu des essais dans le vide, sur des cibles, sur des astéroïdes et sur des planètes mais jamais il n'y a eu cela. Dans ce CET, puisque tu lui donnes ce nom, j'ai l'impression de toucher aux origines du monde.
- Nous pouvons rentrer Ktanm. Je crois avoir compris.
- Non, Right. Nous allons aller voir l'Empereur.
Ktanm lança les moteurs à fond. Elle lança un code 4. S'en suivit une discussion en langage machine que je ne compris pas. A peine avions-nous approché de Terre Un qu'une escorte de chasseurs impériaux nous encadra sans que nous ralentissions. L'entrée dans l'atmosphère se fit à la limite de la sécurité. A peine étions-nous posés que l'Empereur s'avança seul. Son visage était grave. Il posa la main sur le vaisseau. Lorsqu’il commença à parler, Ktanm coupa les sources audio et vidéo en me soulignant le caractère privé de la rencontre. Je pestais intérieurement.
Leur discussion fut courte et notre départ brutal.
- Tu pourrais me rebrancher !
- Oh ! Pardon, Right. Je pensais.
- Ça, je m’en doutais ! Tu pourrais m’en dire plus ?
- Ça me regarde, Right. L’Empereur est d’accord avec moi, ce CET est une anomalie et ne vient pas du disrupteur. Je lui ai raconté ce que tu m’avais raconté. Je l’ai senti inquiet de la possible présence d’habitants sur Endoor. Il y a des forces en jeu qu’il préfère ne pas voir. Ses ordres sont clairs : nous allons sur le Double huit avec l’interdiction d’utiliser ce truc tant qu’il n’a pas été exploré.
vendredi 28 mai 2010
jeudi 27 mai 2010
dimanche 23 mai 2010
mercredi 19 mai 2010
Cinquième épisode
Cinquième scène suite
Nous tombions de plus en plus vite. Les instruments semblaient fous. Je voyais la porte s’ouvrir comme pour nous happer. Ktanm semblait hypnotisée par ce rougeoiement vers lequel nous nous précipitions en accélérant, elle gardait le silence. Seul un grésillement dans mes oreilles me signalait que les circuits fonctionnaient toujours. Je m’agitais cherchant à rétablir les contacts, relançant les processus de restauration des systèmes. Je jetais un coup d’œil de temps à autre par mes yeux-écrans sur ce qui nous attendait. Cela m’évoqua le Pandémonium. Cette vision était fascinante et repoussante à la fois. Seul le chrono semblait fonctionner au ralenti. Le chaos s’installait autour de moi. Ktanm se mit à marmonner des mots sans suite :
- Has! Irimiru Karabrao!
Cela m’évoquait un souvenir, mais pas moyen de retrouver lequel. La chaleur montait autour de nous. Dans quelques secondes nous allions nous écraser. Je ne pouvais m’abandonner. Devant l’échec de tous mes essais, je déclenchais manuellement les mécanismes de secours. Les champs de force se déployèrent lentement alors que nous allions toucher la surface. L'impact fut prodigieux. Je fus heureusement protégé par le champ de confinement interne antiG qui s'était activé le premier. Je ne savais pas si toute la structure avait résisté. La température à la surface du F54b monta à plus de mille degrés. Puis le champ externe prit vigueur et repoussa la lave à distance tout en absorbant l'excès d'énergie. Sans avoir la puissance d'un impact laser, la lave transmettait un flux énergétique important qui emplissait les accumulateurs du vaisseau. Emporté par notre élan, nous nous étions enfoncés dans le lac de lave. Sur mes yeux écrans, tout était blanc. Saturées de photons infrarouges, les caméras ne voyaient rien.
- Ktanm, fais quelque chose, on va y rester!
- Has ! Has ! Has !
Ce n’était pas possible. Elle semblait complètement à côté de la réalité. Retrouvant les réflexes de pilote que je n'utilisais plus car Ktanm savait être plus efficace, je laissais courir mes ordres dans les circuits. Sur mes yeux écrans une ombre gigantesque passa, nous bousculant. Les gyroscopes s'affolèrent. Le vaisseau faisait des cabrioles dans les remous de lave. Les évènements récents me revinrent en mémoire. J'avais passé la porte. J'étais face au dieu antique et infernal. Je commençais à comprendre ce qu'avaient voulu dire les Vrais Vivants. Je ne savais pas qui ils pouvaient être, mais pour moi, ils avaient personnalisé les forces de la planète sous ce nom de dieu. Dans ce que j'avais lu sur Endoor, le RésOrd parlait d'éruptions cataclysmiques anciennes. Je préférais penser être dedans que face à un dieu dont je en savais rien. Protégé par ses champs de force, le F54b résistait. Je ne savais plus ni où était le haut, ni le bas ni rien pour m'orienter. Sur les différents capteurs, des ombres passaient, nous entraînant dans des mouvements erratiques. Mon intelligence me soufflait que ces ombres étaient le fait des zones moins chaudes et des courants de convexion dans la lave. Mon imagination y voyait des mains, des silhouettes gigantesques jouant avec le chasseur. Je n’allais pas mourir immédiatement. Je fis le point de la situation. Ktanm délirait et chantait.
- Tradioun Marexil fir trudinxé burrudixé!
Fory my dinkorlitz.
O mérikariu! O mévixé! Méri kariba!
Cet air chanté m’évoquait un opéra sombre et beau que j’avais déjà entendu. Ne répondant à aucune de mes questions, je compris qu’elle ne m'aiderait pas. Je lançais les contrôles de démarrage. Cette réinitialisation sembla les remettre en marche. Je vis les différents systèmes répondre les uns derrière les autres, même les moteurs répondirent. Si j'avais voulu, j'aurais pu les allumer, mais pour aller vers où? Il fallait que je m'oriente.
- Trudinxé caraibo.
Fir omévixé merondor.
Mit aysko, merondor, mit aysko!
Ktanm délirait, j'étais sûr du lien avec ces mouvements que je sentais autour de nous. J'utilisais ce qu'elle m'avait appris sur les forces de l'espace. Nettement moins clairement, je sentis la puissance à l'œuvre autour de moi. Un œil sur les jauges des accumulateurs qui se remplissaient malgré les champs de protection poussés au maximum, je laissais le reste de mon esprit prendre la mesure de ce qui l'entourait. J'eus peur!
Je venais de palper des forces immenses comme je n'en avais jamais senties. L'espace était un lieu où les énergies étaient puissantes mais plus diffuses. Ici tout semblait vouloir me submerger. Je recommençais mon exploration. Je n'avais pas le choix. Si je ne pouvais pas remettre les moteurs en marche, la saturation des accumulateurs nous détruirait.
Me vint à l'esprit : Aseoariu, fils de Celui qui vient. Prononcer ces mots me fut apaisant. Il y avait là dedans aussi une force que je ne connaissais pas non plus. Force contre force et moi au milieu, fut l'idée qui occupa mon conscient.
- Oh!
Diff! Diff! merondor, merondor aysko!
Ktanm faisait chorus avec la force extérieure. Je répétais :
- Aseoariu, fils de Celui qui vient !
Le disrupteur ! Voilà la solution ! Je mis en route manuellement le module de tir. En détruisant tout devant moi, je pourrais me repérer. Nous continuions à virevolter dans tous les sens. Sans le champ de confinement interne, je n'aurais rien pu faire. Il rendait mes gestes lents mais je pouvais agir. J'activais la deuxième étape du disrupteur. Pendant que se déroulaient les protocoles de mises en route, je laissais de nouveau mon esprit toucher les forces extérieures. Je reçus une bouffée de jubilation malsaine qui fut cachée par un chaos de sentiments. Qu'est-ce que cela voulait dire?
Je continuais à étendre mes perceptions. Plus loin, plus ténu, je ressentis de la tristesse arrivant comme des vagues sur le bord d'une plage. Je fus déstabilisé. Je n’arrivais pas à donner du sens à ce qui se passait. Un affrontement se déroulait. Les Vrais Vivants avaient raison. J’étais le jouet, l’enjeu et la clé de ce qu'il se passait.
La sonnerie d'alerte des accumulateurs me ramena au réel. Ils allaient dépasser leur capacité. Le danger qu'ils explosent devenait trop important. Je n'avais que le temps de finir la mise en route du disrupteur. Je lançais la séquence de pré-tir. J’étais impatient de l’utiliser. J’avais vu son action. J’allais renvoyer au chaos primordial toute cette lave qui m’entourait et ce qui l’habitait. Une exaltation monta en moi. Encore quelques secondes et je déchirerais l’espace-temps, annihilant tout devant moi…Tout ? Une impression plus qu’une image se forma dans mon esprit. Annihiler l’espace, je le comprenais, mais le temps… Il allait se déchirer. Qu’allait-il advenir ?
Les lampes d’alerte clignotaient en rouge maintenant. Dans quelques secondes, le disrupteur serait prêt. Ktanm psalmodiait toujours ces mots que je ne comprenais pas mais dont les accents me faisaient frissonner d’exaltation. Si elle avait eu les commandes de mises à feu à sa disposition, elle aurait déjà utilisé le disrupteur. Je fis les exercices de relaxation que mon père m’avait appris quand plus jeune, je n’arrivais pas à maîtriser ma colère. Les vagues de tristesse m’envahirent alors. La sonnerie d’alerte me ramena une fois de plus au réel. Sa tonalité atteignait des sommets. J’avançais la main vers la gâchette. Il fallait libérer de l’énergie ou mourir. Entre exaltation et tristesse, j’appuyais fermement en fermant les yeux.
Je ne sus jamais ce que j’avais réellement fait. Erreur ou force de l’habitude ? Je sentis le chasseur se stabiliser et partir en arrière, poussé par le recul des lasers. Je n’avais pas appuyé sur la gâchette du disrupteur mais sur celle des lasers. Je compris immédiatement le bénéfice que je pouvais retirer de ce mouvement de recul. Je cessais d’être le jouet des forces aléatoires qui semblaient régner dans ce lac de lave pour redevenir gouvernant. J’avais des réserves d’énergie. Je recommençais à tirer. Mes instruments de vol se stabilisèrent. Mon indicateur de gravité retrouva son fonctionnement habituel. Je savais maintenant où était le plus gros de la masse autour de moi. Le ciel devait être à l’opposé. Jouant sur la puissance respective des deux lasers, je fis tourner le F54b pour qu’il ait le maximum de poussée vers ce que je pensais être la sortie. En ce faisant, je m’enfonçais plus profondément dans la lave, chaque impact de laser me faisant reculer. Sur mes yeux-écrans, je vis à nouveau cette ombre gigantesque non loin de moi. Le chasseur courait sur son erre en marche arrière. J’avais enclenché le démarrage des moteurs. Je n’avais plus qu’à attendre. J’ouvris mon esprit aux sensations extérieures. Un immense sentiment de satisfaction m’entourait, m’accueillait… Non, accueillait la force que représentaient le chasseur et celle qui l’habitait. Je sentais une volonté à l’œuvre désireuse d’exploiter la puissance disrupteur. Ktanm était prisonnière d’elle. Ses ombres mains s’ouvraient pour nous. J’étais encore en contact avec elle quand les moteurs se lancèrent. Pendant quelques instants, le chasseur s’immobilisa. Puis doucement d’abord et de plus en plus vite, il accéléra. Autour de moi, ce fut l’étonnement, puis la contrariété qui fit place à la colère. Je vis sur mes yeux-écrans le noir du ciel devant moi. Je poussais la puissance au maximum. Sur mes écrans arrière, je vis comme de gigantesques mains de lave qui tentèrent de me retenir. Je fis un Immelmann impeccable. Quand je fus face au lac de lave, j’actionnais mes armes. Le disrupteur hurla. Je fis un rétablissement pour m’éloigner de la zone. Mon tir creusa un trou plus noir que la mort dans la lave. Le contact avec la volonté que je sentais à l’œuvre disparut brutalement. Les vagues de tristesse firent place à un sentiment de soulagement. Dans la caldera au lieu du lac de lave s’ouvrait un TET. Le disrupteur bousculait tellement la trame de l’espace temps qu’il avait ouvert un TET dans une planète.
- Right, je ne peux rien ! Right, on va s’écraser…
- C’est fini Ktanm ! C’est fini.
Je remis le cap sur Arche 12. Ktanm insista pour que je lui raconte ce qui venait d’arriver. Je le fis honnêtement en oubliant simplement de mentionner ses paroles. Le F54b semblait parfaitement fonctionner, seul un petit clignotant jaune signalait une anomalie dans le couloir d’accès au poste de pilotage. Mais ça pouvait attendre.
Nous tombions de plus en plus vite. Les instruments semblaient fous. Je voyais la porte s’ouvrir comme pour nous happer. Ktanm semblait hypnotisée par ce rougeoiement vers lequel nous nous précipitions en accélérant, elle gardait le silence. Seul un grésillement dans mes oreilles me signalait que les circuits fonctionnaient toujours. Je m’agitais cherchant à rétablir les contacts, relançant les processus de restauration des systèmes. Je jetais un coup d’œil de temps à autre par mes yeux-écrans sur ce qui nous attendait. Cela m’évoqua le Pandémonium. Cette vision était fascinante et repoussante à la fois. Seul le chrono semblait fonctionner au ralenti. Le chaos s’installait autour de moi. Ktanm se mit à marmonner des mots sans suite :
- Has! Irimiru Karabrao!
Cela m’évoquait un souvenir, mais pas moyen de retrouver lequel. La chaleur montait autour de nous. Dans quelques secondes nous allions nous écraser. Je ne pouvais m’abandonner. Devant l’échec de tous mes essais, je déclenchais manuellement les mécanismes de secours. Les champs de force se déployèrent lentement alors que nous allions toucher la surface. L'impact fut prodigieux. Je fus heureusement protégé par le champ de confinement interne antiG qui s'était activé le premier. Je ne savais pas si toute la structure avait résisté. La température à la surface du F54b monta à plus de mille degrés. Puis le champ externe prit vigueur et repoussa la lave à distance tout en absorbant l'excès d'énergie. Sans avoir la puissance d'un impact laser, la lave transmettait un flux énergétique important qui emplissait les accumulateurs du vaisseau. Emporté par notre élan, nous nous étions enfoncés dans le lac de lave. Sur mes yeux écrans, tout était blanc. Saturées de photons infrarouges, les caméras ne voyaient rien.
- Ktanm, fais quelque chose, on va y rester!
- Has ! Has ! Has !
Ce n’était pas possible. Elle semblait complètement à côté de la réalité. Retrouvant les réflexes de pilote que je n'utilisais plus car Ktanm savait être plus efficace, je laissais courir mes ordres dans les circuits. Sur mes yeux écrans une ombre gigantesque passa, nous bousculant. Les gyroscopes s'affolèrent. Le vaisseau faisait des cabrioles dans les remous de lave. Les évènements récents me revinrent en mémoire. J'avais passé la porte. J'étais face au dieu antique et infernal. Je commençais à comprendre ce qu'avaient voulu dire les Vrais Vivants. Je ne savais pas qui ils pouvaient être, mais pour moi, ils avaient personnalisé les forces de la planète sous ce nom de dieu. Dans ce que j'avais lu sur Endoor, le RésOrd parlait d'éruptions cataclysmiques anciennes. Je préférais penser être dedans que face à un dieu dont je en savais rien. Protégé par ses champs de force, le F54b résistait. Je ne savais plus ni où était le haut, ni le bas ni rien pour m'orienter. Sur les différents capteurs, des ombres passaient, nous entraînant dans des mouvements erratiques. Mon intelligence me soufflait que ces ombres étaient le fait des zones moins chaudes et des courants de convexion dans la lave. Mon imagination y voyait des mains, des silhouettes gigantesques jouant avec le chasseur. Je n’allais pas mourir immédiatement. Je fis le point de la situation. Ktanm délirait et chantait.
- Tradioun Marexil fir trudinxé burrudixé!
Fory my dinkorlitz.
O mérikariu! O mévixé! Méri kariba!
Cet air chanté m’évoquait un opéra sombre et beau que j’avais déjà entendu. Ne répondant à aucune de mes questions, je compris qu’elle ne m'aiderait pas. Je lançais les contrôles de démarrage. Cette réinitialisation sembla les remettre en marche. Je vis les différents systèmes répondre les uns derrière les autres, même les moteurs répondirent. Si j'avais voulu, j'aurais pu les allumer, mais pour aller vers où? Il fallait que je m'oriente.
- Trudinxé caraibo.
Fir omévixé merondor.
Mit aysko, merondor, mit aysko!
Ktanm délirait, j'étais sûr du lien avec ces mouvements que je sentais autour de nous. J'utilisais ce qu'elle m'avait appris sur les forces de l'espace. Nettement moins clairement, je sentis la puissance à l'œuvre autour de moi. Un œil sur les jauges des accumulateurs qui se remplissaient malgré les champs de protection poussés au maximum, je laissais le reste de mon esprit prendre la mesure de ce qui l'entourait. J'eus peur!
Je venais de palper des forces immenses comme je n'en avais jamais senties. L'espace était un lieu où les énergies étaient puissantes mais plus diffuses. Ici tout semblait vouloir me submerger. Je recommençais mon exploration. Je n'avais pas le choix. Si je ne pouvais pas remettre les moteurs en marche, la saturation des accumulateurs nous détruirait.
Me vint à l'esprit : Aseoariu, fils de Celui qui vient. Prononcer ces mots me fut apaisant. Il y avait là dedans aussi une force que je ne connaissais pas non plus. Force contre force et moi au milieu, fut l'idée qui occupa mon conscient.
- Oh!
Diff! Diff! merondor, merondor aysko!
Ktanm faisait chorus avec la force extérieure. Je répétais :
- Aseoariu, fils de Celui qui vient !
Le disrupteur ! Voilà la solution ! Je mis en route manuellement le module de tir. En détruisant tout devant moi, je pourrais me repérer. Nous continuions à virevolter dans tous les sens. Sans le champ de confinement interne, je n'aurais rien pu faire. Il rendait mes gestes lents mais je pouvais agir. J'activais la deuxième étape du disrupteur. Pendant que se déroulaient les protocoles de mises en route, je laissais de nouveau mon esprit toucher les forces extérieures. Je reçus une bouffée de jubilation malsaine qui fut cachée par un chaos de sentiments. Qu'est-ce que cela voulait dire?
Je continuais à étendre mes perceptions. Plus loin, plus ténu, je ressentis de la tristesse arrivant comme des vagues sur le bord d'une plage. Je fus déstabilisé. Je n’arrivais pas à donner du sens à ce qui se passait. Un affrontement se déroulait. Les Vrais Vivants avaient raison. J’étais le jouet, l’enjeu et la clé de ce qu'il se passait.
La sonnerie d'alerte des accumulateurs me ramena au réel. Ils allaient dépasser leur capacité. Le danger qu'ils explosent devenait trop important. Je n'avais que le temps de finir la mise en route du disrupteur. Je lançais la séquence de pré-tir. J’étais impatient de l’utiliser. J’avais vu son action. J’allais renvoyer au chaos primordial toute cette lave qui m’entourait et ce qui l’habitait. Une exaltation monta en moi. Encore quelques secondes et je déchirerais l’espace-temps, annihilant tout devant moi…Tout ? Une impression plus qu’une image se forma dans mon esprit. Annihiler l’espace, je le comprenais, mais le temps… Il allait se déchirer. Qu’allait-il advenir ?
Les lampes d’alerte clignotaient en rouge maintenant. Dans quelques secondes, le disrupteur serait prêt. Ktanm psalmodiait toujours ces mots que je ne comprenais pas mais dont les accents me faisaient frissonner d’exaltation. Si elle avait eu les commandes de mises à feu à sa disposition, elle aurait déjà utilisé le disrupteur. Je fis les exercices de relaxation que mon père m’avait appris quand plus jeune, je n’arrivais pas à maîtriser ma colère. Les vagues de tristesse m’envahirent alors. La sonnerie d’alerte me ramena une fois de plus au réel. Sa tonalité atteignait des sommets. J’avançais la main vers la gâchette. Il fallait libérer de l’énergie ou mourir. Entre exaltation et tristesse, j’appuyais fermement en fermant les yeux.
Je ne sus jamais ce que j’avais réellement fait. Erreur ou force de l’habitude ? Je sentis le chasseur se stabiliser et partir en arrière, poussé par le recul des lasers. Je n’avais pas appuyé sur la gâchette du disrupteur mais sur celle des lasers. Je compris immédiatement le bénéfice que je pouvais retirer de ce mouvement de recul. Je cessais d’être le jouet des forces aléatoires qui semblaient régner dans ce lac de lave pour redevenir gouvernant. J’avais des réserves d’énergie. Je recommençais à tirer. Mes instruments de vol se stabilisèrent. Mon indicateur de gravité retrouva son fonctionnement habituel. Je savais maintenant où était le plus gros de la masse autour de moi. Le ciel devait être à l’opposé. Jouant sur la puissance respective des deux lasers, je fis tourner le F54b pour qu’il ait le maximum de poussée vers ce que je pensais être la sortie. En ce faisant, je m’enfonçais plus profondément dans la lave, chaque impact de laser me faisant reculer. Sur mes yeux-écrans, je vis à nouveau cette ombre gigantesque non loin de moi. Le chasseur courait sur son erre en marche arrière. J’avais enclenché le démarrage des moteurs. Je n’avais plus qu’à attendre. J’ouvris mon esprit aux sensations extérieures. Un immense sentiment de satisfaction m’entourait, m’accueillait… Non, accueillait la force que représentaient le chasseur et celle qui l’habitait. Je sentais une volonté à l’œuvre désireuse d’exploiter la puissance disrupteur. Ktanm était prisonnière d’elle. Ses ombres mains s’ouvraient pour nous. J’étais encore en contact avec elle quand les moteurs se lancèrent. Pendant quelques instants, le chasseur s’immobilisa. Puis doucement d’abord et de plus en plus vite, il accéléra. Autour de moi, ce fut l’étonnement, puis la contrariété qui fit place à la colère. Je vis sur mes yeux-écrans le noir du ciel devant moi. Je poussais la puissance au maximum. Sur mes écrans arrière, je vis comme de gigantesques mains de lave qui tentèrent de me retenir. Je fis un Immelmann impeccable. Quand je fus face au lac de lave, j’actionnais mes armes. Le disrupteur hurla. Je fis un rétablissement pour m’éloigner de la zone. Mon tir creusa un trou plus noir que la mort dans la lave. Le contact avec la volonté que je sentais à l’œuvre disparut brutalement. Les vagues de tristesse firent place à un sentiment de soulagement. Dans la caldera au lieu du lac de lave s’ouvrait un TET. Le disrupteur bousculait tellement la trame de l’espace temps qu’il avait ouvert un TET dans une planète.
- Right, je ne peux rien ! Right, on va s’écraser…
- C’est fini Ktanm ! C’est fini.
Je remis le cap sur Arche 12. Ktanm insista pour que je lui raconte ce qui venait d’arriver. Je le fis honnêtement en oubliant simplement de mentionner ses paroles. Le F54b semblait parfaitement fonctionner, seul un petit clignotant jaune signalait une anomalie dans le couloir d’accès au poste de pilotage. Mais ça pouvait attendre.
mardi 18 mai 2010
lundi 17 mai 2010
dimanche 16 mai 2010
samedi 15 mai 2010
vendredi 14 mai 2010
jeudi 13 mai 2010
Cinquième épisode
aw.jpg)
Quand Ktanm atterrit, je compris qu'elle était changée. Un renflement nouveau ornait la proue du F54b. Je m'approchais d'elle en lorgnant sur ce subit embonpoint. J'avais remis mon casque de pilotage pour pouvoir parler directement avec elle. Je m'installais à ses commandes et laissais les sensations m'envahir. Ktanm ne dit rien me laissant découvrir.
- Un disrupteur! Tu as un disrupteur!
- Bien vu Right! Tu vois que cela valait les dix jours d'absence. Mais toi que s'est-il passé ?
Je lui racontais et mon rêve et mon excursion hors dimension. Ktanm resta un moment silencieuse avant de me répondre. Elle ne voyait pas ce que cela pouvait être. Elle ressentait mon angoisse au travers du couplage qui nous liait. Elle qui vivait la transmutation dans son être, n'avait jamais entendu parler de ces entités vivant de forces. Les analyses de l'air ne montraient aucun alcaloïde. Je n'avais à priori pas été intoxiqué par des plantes. Elle n'avait pas d'autre explication. Elle n'insista pas trop sur le sujet préférant revenir sur ce qui lui était arrivé. Elle savait par différents indices qu'un disrupteur miniaturisé était en cours d'expérimentation. Elle le voulait. Elle ne doutait pas de la possibilité de convaincre l'Empereur de lui en affecter un.
- Il me doit bien ça.
Je ne l'interrogeais pas plus sachant qu'elle ne me répondrait que si cela l'arrangeait. J'enregistrais le fait quelque part dans ma mémoire. Il expliquait bien des choses. Tout en conversant avec elle, j'avais commencé à replier mes affaires. J'eus rapidement fini? C'est avec plaisir que je rangeais tout le matériel dans les soutes.
- On va voir si ta prise de poids ne t'empêche pas de bouger!
Ktanm émit ce qui était un rire et décolla dans un rugissement de moteur. Les premières étoiles apparaissaient dans le ciel.
Sur mon écran arrière, je vis la tache de roche fondue s'éloigner.
Nous passâmes des heures merveilleuses à tester les nouveaux équipements de Ktanm. Seul le disrupteur échappa aux essais. L'utiliser dans les systèmes d'Endoor était trop risqué.
De toute la poussée de ses moteurs boostés, Ktanm revint vers Arche12. J’étais grisé par le plaisir. Rien ne semblait pourvoir nous arrêter. Sa vitesse était très supérieure aux normes de sécurité quand nous arrivâmes dans la haute atmosphère.
- Regarde, Right !
Le ciel s’embrasa autour de nous pendant que les boucliers encaissaient la vague de chaleur. Je jouais à mon tour, étalant au maximum les champs de protection. La décélération fut intense. Sans les protections antiG, j’aurais été laminé. Nous avions abordé la planète par son côté obscur. Dans quelques secondes le soleil allait nous frapper de ses rayons. Nous ferions encore un tour en orbite basse avant de plonger sur Arche12. Je riais de bonheur. Quel vol superbe ! Je branchais les contrôleurs vidéo. J’allais éteindre la caméra arrière pour jouir du lever de soleil quand un détail attira mon œil.
- Ktanm ! La porte !
La lumière solaire éclata sur l’horizon.
- De quoi parles-tu, Right ?
- La porte, j’ai vu la porte de mon cauchemar !
- Je t'affiche les images ...
Aussitôt les enregistrements s'affichèrent sur mes yeux-écrans. Je remontais le temps image par image. Je bloquais le défilement sur une des vues.
- Regarde, Ktanm
- Où ça?
- Tu vois la forme rouge à la limite de l'horizon?
- Au nord?
- Oui, c'est ça.
Je zoomais sur la zone en question, mais la résolution insuffisante ne permit pas de voir plus de détails.
- Je me programme pour passer à la verticale. Cette zone est complètement hors des couloirs de vol et vu la couche nuageuse, on ne va peut-être pas voir grand chose.
Ktanm se programma pour passer à la verticale de la zone.
- Contact dans douze minutes. Raconte-moi ton histoire avec tous les détails, Right. Il faut qu’on en sache plus.
Je repris mon récit. Insistant sur l’étrangeté mais aussi sur le sentiment de réalité, j’essayais de ne rien oublier. Ktanm fit appel au RésOrd. Avec les données qu’on lui donnait, il répondit qu’il devait s’agir d’une légende locale. La réponse du RésOrd me déçut. La certitude de mon ressenti me faisait douter de la réponse. Le temps passa rapidement avec la discussion. Nous approchions.
Nous survolions une zone montagneuse. Les pics succédaient aux pics. Ktanm louvoyait entre les sommets culminant à près de douze mille mètres. Leurs sommets étaient nus montrant des roches noires déchiquetées. La neige débutait plus bas. Se basant sur les relevés des satellites, Ktanm se dirigeait vers la zone.
- Contact dans soixante secondes. Je te branche les caméras infrarouges.
Ktanm remontait une vallée encaissée se terminant par un col à huit mille mètres. La zone n’avait pas été explorée car jugée sans intérêt économique et trop coûteuse à coloniser. Ktanm lutta avec les vents violents de la région mais s’encadra au beau milieu du passage du col. Le spectacle qui s’offrit à nous fut à couper le souffle. Une vaste caldera s’étendait devant nos yeux-écrans. Tout y était rouge. La chaleur avait fait fondre la neige qui aurait pu apparaître en bleu. Seuls les lèvres de l’excavation s’ourlaient du bleu signe de froid. L’objectif n’arrivait pas à embraser en un seul angle toute la zone. Ktanm se mit à tourner en rond pour survoler toute l’anomalie qui affolait ses instruments.
- Je ne sais pas ce qui est là-dessous, Right, mais je n’aime pas du tout.
- Attends un peu, je règle les caméras. On fait un plan et on dégage.
Je jouais avec les curseurs de sensibilité pour caler la sensibilité des capteurs à la situation. Négligeant les valeurs froides, j’étalais les valeurs du spectre vers les hautes températures. Sous mes yeux horrifiés, le dessin qui apparut fut celui de la porte de mon cauchemar. J’étais fasciné. Un détail attira mon attention. Au milieu de la caldera, un trait chaud apparut.
- Ktanm, la porte s’ouvre ! On dégage.
Je sentis les ordres de Ktanm pour que les moteurs donnent toute leur puissance. Les relais de puissance claquèrent. Le rugissement habituel se fit entendre. C’est alors que la lumière de la porte nous toucha. Tout cala. Sur mes yeux-écrans, je vis la chute s’amorcer.
- Right, je ne peux rien ! Right, on va s’écraser…
mercredi 12 mai 2010
mardi 11 mai 2010
lundi 10 mai 2010
dimanche 9 mai 2010
samedi 8 mai 2010
vendredi 7 mai 2010
Cinquième épisode
Quatrième scène, deuxième partie
Je ne ressentais pas de crainte. Il avançait rapidement. Une place s'ouvrit devant nous. Un groupe d'êtres semblables à mon guide se tenait là. Je m'arrêtais. Celui qui m'avait amené là, rejoignit le groupe. Il se mit à parler :
- Aseoariu frapnetoq.
- Je ne vous comprends pas.
S'avançant vers moi, le plus grand des êtres mit deux doigts sur mon front. Une chaleur envahit mon crâne.
- Aseoariu entend la parole.
Se retournant vers les autres, il ajouta :
- Maintenant il nous comprend.
- Qui êtes-vous ?
- Nous sommes les habitants de ce système solaire.
- Mais nos sondes n’ont rien montré.
- Aseoariu et les siens ne savent pas chercher. Ils s’arrêtent à la surface des vérités. Nous habitons une autre dimension que celle qu’ils connaissent.
- Pourquoi m’avez-vous fait venir ?
- Aseoariu et les siens ont fait venir le feu brutal qui brise la matière et ses dimensions. La brèche est ouverte et l’antique Dieu veut revenir.
- Nous n’y sommes pour rien. Ce sont nos ennemis qui ont bombardé…
- Ennemis-amis, Aseoariu est comme les siens. Il fait des distinctions subtiles pour ne pas voir sa responsabilité. Aseoariu et les siens ne savent pas ce qu’ils font. Pour eux le feu brutal est sans conséquence. La planète a été bouleversée dans sa vie profonde et l’antique Dieu infernal va surgir.
- Mais qu’est ce que je peux y faire ?
- Aseoariu a été choisi car il entend ce que les siens n’entendent pas. Aseoariu va venir en aide au peuple des Vrais Vivants.
- Et pourquoi ferais-je cela ?
- Pour ne pas mourir selon la vérité du rêve.
- C’est vous qui m’avez envoyé ce cauchemar ???
- Aseoariu doit savoir ce qui l’attend si ce qui est nécessaire n’est pas fait.
- Mais qu’est ce qui est nécessaire ?
- Contenir le dieu antique et infernal.
J’avais l’impression de tourner en rond. Leurs paroles me posaient plus de questions qu’elles ne m’amenaient de réponses. Où étais-je ? Qui étaient-ils ? Ils ne pouvaient pas être les habitants de la planète, nos sondes les auraient découverts. Un piège ! J’étais sûrement tombé dans un piège. Ma curiosité m’avait entraîné là où il ne fallait pas. Maintenant comment m’en sortir.
- Aseoariu craint un piège mais il a tort. Les Vrais Vivants ont besoin de Aseoariu. Lui seul sauver le monde des Vrais Vivants.
- Expliquez-vous !
- Aseoariu ne voit que la surface des choses. Nous les vrais Vivants nous sommes les forces qui sont. Depuis des temps et des temps nous cultivons et nous nous nourrissons des forces qui tendent et sous-tendent le monde que Aseoariu et les siens croient seul et unique.
- Alors qu’attendez-vous de moi ?
- Aseoariu est de la lignée de Celui qui vient. Il peut contenir le dieu antique.
Je commençais à m’énerver. Ma colère explosa quand ils me répétèrent avec d’autres mots ce qu’ils m’avaient déjà dit. Le monde lumineux et coloré autour de nous sembla s’éteindre. Les couleurs s’assombrirent. Des éclairs rouge sombre zébrèrent le ciel. A chaque extrémité du groupe, une entité tomba à genoux et se mit à psalmodier, les bras étendus. Celle qui était au centre reprit la parole. Elle m’expliqua sur une voix monocorde presque hypnotique, les règles de leurs mondes. Pour que je puisse entrer en contact avec eux, ils avaient mis en œuvre beaucoup d’énergie. Un humain ne pouvait pas normalement se promener dans ce monde qui n’existait pas pour lui. J’étais une exception. Les bombardements avec des armes à fission avaient déstabilisé la planète. Les forces souterraines qui avaient mis des millénaires à se stabiliser et que normalement ils contrôlaient, avaient repris leurs affrontements. Dans leur représentation du monde, ces forces étaient celles du dieu antique et infernal. Leurs pouvoirs étaient insuffisants pour les contenir. Seul moi les avais. Mes interrogations sur le comment restèrent sans réponse.
Sur un geste spiralé de l'entité centrale, le décor changea. Une vaste porte de pierre fumait. Derrière se tenait le dieu antique et infernal. Par les interstices et au niveau de ce qui pouvait servir de pivot, un rougeoiement de mauvais augure témoignait de la présence des forces incontrôlées.
- Vois Aseoariu ! Vois ! Si cette porte s'ouvre, et le monde d'Aseoariu et le nôtre souffriront. Le monde d'Aseoariu survivra mais Aseoariu subira ce que le rêve a révélé.
Je fermais les yeux en hurlant :
- NON !!!!
Quand je les rouvris, j'étais devant mon campement, le soleil à l'horizon, éclairait de rouge sang le paysage alentour. Délaissant les méandres des roches, je courus à mon abri. Je n'avais qu'une idée en tête : détruire ces malfaisants avant qu'ils ne perturbent le monde en répandant leurs cauchemars. Je sautais sur mon armement. Dans le crépitement de mes armes, je déchargeais mon angoisse en vitrifiant le sol devant moi.
Je m'arrêtais haletant. La chaleur de la terre en fusion était forte et m'incommodait. Je ne voulais ni faire ce qu'ils m'avaient demandé, ni vivre ce que le cauchemar m'évoquait. Pourtant je n'arrivais pas à ôter de mon esprit le ressenti du mauvais rêve. Il était trop dans le domaine du possible. Je passais le reste de la journée dans un état de confusion tel que je n'en avais jamais connu. Le soir tombait quand j'allais sur le RésOrd. Ktanm m'avait répondu et m'annonçait son retour avec de l'avance. Je découvris qu'elle m'avait écrit plusieurs fois. Je vérifiais les dates. J'avais changé de dimension pendant trois jours pleins pour revenir au début du huitième jour de la décade. Demain Ktanm serait là. Je rêvais de reprendre notre vie d'avant tout en sachant que cela ne serait plus possible. Elle m'avait caché trop de choses. Quant à moi, ce que j'avais vécu me fragilisait.
Je ne ressentais pas de crainte. Il avançait rapidement. Une place s'ouvrit devant nous. Un groupe d'êtres semblables à mon guide se tenait là. Je m'arrêtais. Celui qui m'avait amené là, rejoignit le groupe. Il se mit à parler :
- Aseoariu frapnetoq.
- Je ne vous comprends pas.
S'avançant vers moi, le plus grand des êtres mit deux doigts sur mon front. Une chaleur envahit mon crâne.
- Aseoariu entend la parole.
Se retournant vers les autres, il ajouta :
- Maintenant il nous comprend.
- Qui êtes-vous ?
- Nous sommes les habitants de ce système solaire.
- Mais nos sondes n’ont rien montré.
- Aseoariu et les siens ne savent pas chercher. Ils s’arrêtent à la surface des vérités. Nous habitons une autre dimension que celle qu’ils connaissent.
- Pourquoi m’avez-vous fait venir ?
- Aseoariu et les siens ont fait venir le feu brutal qui brise la matière et ses dimensions. La brèche est ouverte et l’antique Dieu veut revenir.
- Nous n’y sommes pour rien. Ce sont nos ennemis qui ont bombardé…
- Ennemis-amis, Aseoariu est comme les siens. Il fait des distinctions subtiles pour ne pas voir sa responsabilité. Aseoariu et les siens ne savent pas ce qu’ils font. Pour eux le feu brutal est sans conséquence. La planète a été bouleversée dans sa vie profonde et l’antique Dieu infernal va surgir.
- Mais qu’est ce que je peux y faire ?
- Aseoariu a été choisi car il entend ce que les siens n’entendent pas. Aseoariu va venir en aide au peuple des Vrais Vivants.
- Et pourquoi ferais-je cela ?
- Pour ne pas mourir selon la vérité du rêve.
- C’est vous qui m’avez envoyé ce cauchemar ???
- Aseoariu doit savoir ce qui l’attend si ce qui est nécessaire n’est pas fait.
- Mais qu’est ce qui est nécessaire ?
- Contenir le dieu antique et infernal.
J’avais l’impression de tourner en rond. Leurs paroles me posaient plus de questions qu’elles ne m’amenaient de réponses. Où étais-je ? Qui étaient-ils ? Ils ne pouvaient pas être les habitants de la planète, nos sondes les auraient découverts. Un piège ! J’étais sûrement tombé dans un piège. Ma curiosité m’avait entraîné là où il ne fallait pas. Maintenant comment m’en sortir.
- Aseoariu craint un piège mais il a tort. Les Vrais Vivants ont besoin de Aseoariu. Lui seul sauver le monde des Vrais Vivants.
- Expliquez-vous !
- Aseoariu ne voit que la surface des choses. Nous les vrais Vivants nous sommes les forces qui sont. Depuis des temps et des temps nous cultivons et nous nous nourrissons des forces qui tendent et sous-tendent le monde que Aseoariu et les siens croient seul et unique.
- Alors qu’attendez-vous de moi ?
- Aseoariu est de la lignée de Celui qui vient. Il peut contenir le dieu antique.
Je commençais à m’énerver. Ma colère explosa quand ils me répétèrent avec d’autres mots ce qu’ils m’avaient déjà dit. Le monde lumineux et coloré autour de nous sembla s’éteindre. Les couleurs s’assombrirent. Des éclairs rouge sombre zébrèrent le ciel. A chaque extrémité du groupe, une entité tomba à genoux et se mit à psalmodier, les bras étendus. Celle qui était au centre reprit la parole. Elle m’expliqua sur une voix monocorde presque hypnotique, les règles de leurs mondes. Pour que je puisse entrer en contact avec eux, ils avaient mis en œuvre beaucoup d’énergie. Un humain ne pouvait pas normalement se promener dans ce monde qui n’existait pas pour lui. J’étais une exception. Les bombardements avec des armes à fission avaient déstabilisé la planète. Les forces souterraines qui avaient mis des millénaires à se stabiliser et que normalement ils contrôlaient, avaient repris leurs affrontements. Dans leur représentation du monde, ces forces étaient celles du dieu antique et infernal. Leurs pouvoirs étaient insuffisants pour les contenir. Seul moi les avais. Mes interrogations sur le comment restèrent sans réponse.
Sur un geste spiralé de l'entité centrale, le décor changea. Une vaste porte de pierre fumait. Derrière se tenait le dieu antique et infernal. Par les interstices et au niveau de ce qui pouvait servir de pivot, un rougeoiement de mauvais augure témoignait de la présence des forces incontrôlées.
- Vois Aseoariu ! Vois ! Si cette porte s'ouvre, et le monde d'Aseoariu et le nôtre souffriront. Le monde d'Aseoariu survivra mais Aseoariu subira ce que le rêve a révélé.
Je fermais les yeux en hurlant :
- NON !!!!
Quand je les rouvris, j'étais devant mon campement, le soleil à l'horizon, éclairait de rouge sang le paysage alentour. Délaissant les méandres des roches, je courus à mon abri. Je n'avais qu'une idée en tête : détruire ces malfaisants avant qu'ils ne perturbent le monde en répandant leurs cauchemars. Je sautais sur mon armement. Dans le crépitement de mes armes, je déchargeais mon angoisse en vitrifiant le sol devant moi.
Je m'arrêtais haletant. La chaleur de la terre en fusion était forte et m'incommodait. Je ne voulais ni faire ce qu'ils m'avaient demandé, ni vivre ce que le cauchemar m'évoquait. Pourtant je n'arrivais pas à ôter de mon esprit le ressenti du mauvais rêve. Il était trop dans le domaine du possible. Je passais le reste de la journée dans un état de confusion tel que je n'en avais jamais connu. Le soir tombait quand j'allais sur le RésOrd. Ktanm m'avait répondu et m'annonçait son retour avec de l'avance. Je découvris qu'elle m'avait écrit plusieurs fois. Je vérifiais les dates. J'avais changé de dimension pendant trois jours pleins pour revenir au début du huitième jour de la décade. Demain Ktanm serait là. Je rêvais de reprendre notre vie d'avant tout en sachant que cela ne serait plus possible. Elle m'avait caché trop de choses. Quant à moi, ce que j'avais vécu me fragilisait.
jeudi 6 mai 2010
mercredi 5 mai 2010
mardi 4 mai 2010
lundi 3 mai 2010
dimanche 2 mai 2010
jeudi 29 avril 2010
Cinquième épisode
Quatrième scène, première partie
Je n'avais rien vu venir, SuperKtanm non plus. Elle flottait en débris épars autour de moi. Mon équipement de survie m'avait sauvé la vie. Je ressentais douloureusement la perte de contact brutal avec SuperKtanm. J'avais l'impression d'avoir été amputé à vif. Ma vision naturelle ne me disait pas grand chose. La bataille pour moi n'avait même pas commencé. J'étais là impuissant, coupé de tout. J'espérais que viendraient les sauveteurs. Il fallait que je me concentre sur mes écrans de survie. Mon scaphandre possédait normalement assez de réserve pour quelques jours. Le choc avait du détraquer l'instrumentation car rien ne fonctionnait comme prévu. Je pris conscience que je ne pouvais pas bouger comme je le voulais. Le scaphandre s'était ballonnisé. La vérité s'insinua en moi. Non seulement mon vaisseau était détruit mais mon scaphandre aussi. Les systèmes de régénération ne fonctionnaient plus. L'oxygène s'était répandu partout où il pouvait, mais il ne serait pas purifié. L'horreur me prit. Il me restait moins de deux heures à vivre. J'allais mourir étouffé. Je hurlais de peur.
Je me réveillai en sueur en m'entendant crier. La nuit était noire. L'aube était loin.
J'étais là depuis trois jours et je faisais le même cauchemar toutes les nuits. J’étais en sueur. Je descendis de mon hamac. L’air était tiède et sec. Pourtant je frissonnais. Ma réserve d’eau était près de la fenêtre. Je m’en approchais pour m’en servir un grand verre. Une lueur attira mon regard. Toutes nos sondes avaient été formelles, il n’y avait pas de vie intelligente sur cette planète. Une silhouette se déplaçait dans la végétation. En regardant mieux, elle me sembla transparente mais légèrement lumineuse. Je pris mon arme et me précipitai dehors. Rien. Tout semblait tranquille. De ma lampe je fouillais les environs. Rien. Je rentrais perplexe.
Je disposais de matériel de détection pour me prévenir en cas d'approche de gros gibiers ou d'animaux dangereux. Je regardais l'écran. Rien. Je mis du temps à me rendormir.
Le soleil était levé depuis longtemps quand j'émergeai du sommeil. Après une collation rapide, j'entrepris d'explorer les environs. Je m'étais installé dans une petite plaine entourée de collines couvertes de broussailles et d'arbres pas très grands. Plus loin autour des montagnes basses étaient colonisées par des forêts épaisses et sombres. Je parcourais la petite région qui s'étendait devant mon campement. Entre les broussailles et les taillis, des affleurements de roches décrivaient des courbes complexes. Avec mon détecteur de vie, je ne mis en évidence que de petits animaux bien inoffensifs pour moi. Le soleil était au zénith quand je rentrai de mon exploration. Je me connectais sur le Résord pour voir la région vue du ciel. Les cartes défilèrent. Les satellites avaient photographié toute cette zone. En agrandissant, je retrouvais là où je campais. Vus de dessus, les affleurements rocheux dessinaient des figures quasiment géométriques. Cela me sembla étrange. J’interrogeai la base de données. La réponse me parut simple et lumineuse. Le fond de cette vallée était composé de différentes roches de duretés différentes que l’érosion avait sculptée ainsi. Les formes venaient des tourbillons complexes des vents locaux arrivant des différentes directions. Je pouvais en visualiser une modélisation. L’animation en 3D était très réaliste. Je cherchais d’autres renseignements. La flore et la faune étaient décrites. Il n’y avait rien de bien dangereux pour l’humain que j’étais.
Avant d’aller me coucher, je fis un tour sur la station d’info du RésOrd. Le commentateur signalait ma présence sur Terre Un. Il faisait encore des suppositions sur ma rencontre avec l’Empereur. Cela me fit comme un coup à l’estomac. Ktanm était repartie voir l’Empereur !
Le sommeil me prit pendant je tournais et retournais toutes les hypothèses sur la conduite de Ktanm.
Le cauchemar m’éveilla à nouveau. Toujours pareil, je ne voyais ni l’avant, ni l’après, juste cette séquence d’explosion et de panique. Je me levais.
De nouveau par la fenêtre, j’aperçus la lueur fantomatique de la silhouette. Je me déplaçai sans bruit jusqu’à mon écran. Les caméras extérieures ne montraient rien, les enregistreurs non plus. Ce qui bougeait dehors n’existait pas pour mes instruments, pourtant je voyais la forme progresser. J’eus l’impression qu’elle suivait les courbes des roches. Je ne pouvais détacher mon regard de ses déplacements. Une envie de lui emboîter le pas me prit. J’allais vers la porte. Je l’entrouvris sans bruit. Là bas, dotée d’une légère pulsation, la silhouette s’était arrêtée. Je tournai la tête pour attraper mon arme. Quand je voulus me glisser dehors, il n’y avait plus rien.
Quand le jour fut levé, je retournai explorer la zone. Je rentrai bredouille. J’étais énervé. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Je cherchais une idée pour piéger ce fantôme ou ce qui en avait l’apparence. En me préparant à manger, je me connectai à la station d’info. De nouveau, j’entendis parler de moi. On avait vu passer mon F54b, bien célèbre, en direction du palais impérial. La guerre des Marges orientales en était la cause, à coup sûr. Différentes stratégies étaient discutées. Les commentateurs pesaient le pour et le contre de toutes leurs hypothèses. Cela m’énerva encore plus. Voilà quatre jours que je traînais là pendant que Ktanm paradait là-bas. Je lui mis un message crypté sur le RésOrd. Tout mon après-midi fut occupé par mon attente de la réponse. J’allais me coucher sans même avoir eu la confirmation qu’elle avait reçu mes questions. Il me fallut beaucoup de temps pour trouver le sommeil.
De nouveau mon hurlement me réveilla. Je sautai du lit pour aller à la fenêtre. De nouveau la silhouette était là. J’étais persuadé du lien entre mes cauchemars et sa présence. J’observais ses déplacements. J’avais posé des pastilles fluorescentes sur les roches. Je la vis donc suivre les circonvolutions des courbes rocheuses. L’idée me vint que les choses n’étaient pas aussi simples que ce que j’avais lu sur le RésOrd. Je m’étais préparé. J’avais été me coucher habillé. J’ouvris la porte. Elle coulissa sans bruit, mais la forme s’arrêta. Difficile de dire si elle se retourna, mais je sentis son attente. J’avais mémorisé le chemin qu’elle avait suivi. Aller droit vers elle représentait quelques dizaines de mètres, pourtant je choisis sans bien savoir pourquoi de refaire le parcours qu’elle avait fait. Cela me prit plus longtemps que je le pensais de suivre les courbes. Quand je m’approchai, la silhouette reprit son mouvement. Il y eut une résistance. L’air me sembla lourd. Mettre un pied devant l’autre m’évoqua le scaphandrier d’un vieux film avançant péniblement au fond de l’eau. Ma vue se troubla un instant et la lumière m’éblouit.
Je me protégeai les yeux de mon avant-bras, tout en clignant des yeux. Autour de moi, le paysage avait radicalement changé. J’étais dans la rue d’une ville aux maisons curieusement curvilignes. Les façades éclairaient de couleurs vives la rue dans laquelle j’étais. Devant moi, la silhouette luminescente s’était muée en un être vêtu d’une cape et d’une robe qui descendait jusqu’à terre. J’examinais son visage. Je ne pus déterminer si j’avais devant moi un homme ou une femme. Sur un signe de sa part, je lui emboîtais le pas.
Je n'avais rien vu venir, SuperKtanm non plus. Elle flottait en débris épars autour de moi. Mon équipement de survie m'avait sauvé la vie. Je ressentais douloureusement la perte de contact brutal avec SuperKtanm. J'avais l'impression d'avoir été amputé à vif. Ma vision naturelle ne me disait pas grand chose. La bataille pour moi n'avait même pas commencé. J'étais là impuissant, coupé de tout. J'espérais que viendraient les sauveteurs. Il fallait que je me concentre sur mes écrans de survie. Mon scaphandre possédait normalement assez de réserve pour quelques jours. Le choc avait du détraquer l'instrumentation car rien ne fonctionnait comme prévu. Je pris conscience que je ne pouvais pas bouger comme je le voulais. Le scaphandre s'était ballonnisé. La vérité s'insinua en moi. Non seulement mon vaisseau était détruit mais mon scaphandre aussi. Les systèmes de régénération ne fonctionnaient plus. L'oxygène s'était répandu partout où il pouvait, mais il ne serait pas purifié. L'horreur me prit. Il me restait moins de deux heures à vivre. J'allais mourir étouffé. Je hurlais de peur.
Je me réveillai en sueur en m'entendant crier. La nuit était noire. L'aube était loin.
J'étais là depuis trois jours et je faisais le même cauchemar toutes les nuits. J’étais en sueur. Je descendis de mon hamac. L’air était tiède et sec. Pourtant je frissonnais. Ma réserve d’eau était près de la fenêtre. Je m’en approchais pour m’en servir un grand verre. Une lueur attira mon regard. Toutes nos sondes avaient été formelles, il n’y avait pas de vie intelligente sur cette planète. Une silhouette se déplaçait dans la végétation. En regardant mieux, elle me sembla transparente mais légèrement lumineuse. Je pris mon arme et me précipitai dehors. Rien. Tout semblait tranquille. De ma lampe je fouillais les environs. Rien. Je rentrais perplexe.
Je disposais de matériel de détection pour me prévenir en cas d'approche de gros gibiers ou d'animaux dangereux. Je regardais l'écran. Rien. Je mis du temps à me rendormir.
Le soleil était levé depuis longtemps quand j'émergeai du sommeil. Après une collation rapide, j'entrepris d'explorer les environs. Je m'étais installé dans une petite plaine entourée de collines couvertes de broussailles et d'arbres pas très grands. Plus loin autour des montagnes basses étaient colonisées par des forêts épaisses et sombres. Je parcourais la petite région qui s'étendait devant mon campement. Entre les broussailles et les taillis, des affleurements de roches décrivaient des courbes complexes. Avec mon détecteur de vie, je ne mis en évidence que de petits animaux bien inoffensifs pour moi. Le soleil était au zénith quand je rentrai de mon exploration. Je me connectais sur le Résord pour voir la région vue du ciel. Les cartes défilèrent. Les satellites avaient photographié toute cette zone. En agrandissant, je retrouvais là où je campais. Vus de dessus, les affleurements rocheux dessinaient des figures quasiment géométriques. Cela me sembla étrange. J’interrogeai la base de données. La réponse me parut simple et lumineuse. Le fond de cette vallée était composé de différentes roches de duretés différentes que l’érosion avait sculptée ainsi. Les formes venaient des tourbillons complexes des vents locaux arrivant des différentes directions. Je pouvais en visualiser une modélisation. L’animation en 3D était très réaliste. Je cherchais d’autres renseignements. La flore et la faune étaient décrites. Il n’y avait rien de bien dangereux pour l’humain que j’étais.
Avant d’aller me coucher, je fis un tour sur la station d’info du RésOrd. Le commentateur signalait ma présence sur Terre Un. Il faisait encore des suppositions sur ma rencontre avec l’Empereur. Cela me fit comme un coup à l’estomac. Ktanm était repartie voir l’Empereur !
Le sommeil me prit pendant je tournais et retournais toutes les hypothèses sur la conduite de Ktanm.
Le cauchemar m’éveilla à nouveau. Toujours pareil, je ne voyais ni l’avant, ni l’après, juste cette séquence d’explosion et de panique. Je me levais.
De nouveau par la fenêtre, j’aperçus la lueur fantomatique de la silhouette. Je me déplaçai sans bruit jusqu’à mon écran. Les caméras extérieures ne montraient rien, les enregistreurs non plus. Ce qui bougeait dehors n’existait pas pour mes instruments, pourtant je voyais la forme progresser. J’eus l’impression qu’elle suivait les courbes des roches. Je ne pouvais détacher mon regard de ses déplacements. Une envie de lui emboîter le pas me prit. J’allais vers la porte. Je l’entrouvris sans bruit. Là bas, dotée d’une légère pulsation, la silhouette s’était arrêtée. Je tournai la tête pour attraper mon arme. Quand je voulus me glisser dehors, il n’y avait plus rien.
Quand le jour fut levé, je retournai explorer la zone. Je rentrai bredouille. J’étais énervé. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Je cherchais une idée pour piéger ce fantôme ou ce qui en avait l’apparence. En me préparant à manger, je me connectai à la station d’info. De nouveau, j’entendis parler de moi. On avait vu passer mon F54b, bien célèbre, en direction du palais impérial. La guerre des Marges orientales en était la cause, à coup sûr. Différentes stratégies étaient discutées. Les commentateurs pesaient le pour et le contre de toutes leurs hypothèses. Cela m’énerva encore plus. Voilà quatre jours que je traînais là pendant que Ktanm paradait là-bas. Je lui mis un message crypté sur le RésOrd. Tout mon après-midi fut occupé par mon attente de la réponse. J’allais me coucher sans même avoir eu la confirmation qu’elle avait reçu mes questions. Il me fallut beaucoup de temps pour trouver le sommeil.
De nouveau mon hurlement me réveilla. Je sautai du lit pour aller à la fenêtre. De nouveau la silhouette était là. J’étais persuadé du lien entre mes cauchemars et sa présence. J’observais ses déplacements. J’avais posé des pastilles fluorescentes sur les roches. Je la vis donc suivre les circonvolutions des courbes rocheuses. L’idée me vint que les choses n’étaient pas aussi simples que ce que j’avais lu sur le RésOrd. Je m’étais préparé. J’avais été me coucher habillé. J’ouvris la porte. Elle coulissa sans bruit, mais la forme s’arrêta. Difficile de dire si elle se retourna, mais je sentis son attente. J’avais mémorisé le chemin qu’elle avait suivi. Aller droit vers elle représentait quelques dizaines de mètres, pourtant je choisis sans bien savoir pourquoi de refaire le parcours qu’elle avait fait. Cela me prit plus longtemps que je le pensais de suivre les courbes. Quand je m’approchai, la silhouette reprit son mouvement. Il y eut une résistance. L’air me sembla lourd. Mettre un pied devant l’autre m’évoqua le scaphandrier d’un vieux film avançant péniblement au fond de l’eau. Ma vue se troubla un instant et la lumière m’éblouit.
Je me protégeai les yeux de mon avant-bras, tout en clignant des yeux. Autour de moi, le paysage avait radicalement changé. J’étais dans la rue d’une ville aux maisons curieusement curvilignes. Les façades éclairaient de couleurs vives la rue dans laquelle j’étais. Devant moi, la silhouette luminescente s’était muée en un être vêtu d’une cape et d’une robe qui descendait jusqu’à terre. J’examinais son visage. Je ne pus déterminer si j’avais devant moi un homme ou une femme. Sur un signe de sa part, je lui emboîtais le pas.
mardi 27 avril 2010
lundi 26 avril 2010
dimanche 25 avril 2010
Cinquième épisode
Troisième scène
J’étais heureux. Les vols succédaient aux vols. La cartographie avançait bien. Nous avions commencé notre exploration par la périphérie de la région dite des « Marges Orientales ». Grâce à Ktanm, j’améliorais ma connaissance de l’espace. Elle sentait les lignes de forces aussi sûrement qu’un oiseau sent les courants du vent. En se déplaçant, d'une manière que je trouvais hasardeuse, Ktanm tissait sa toile de sensations. Elle m'apprenait à faire confiance au ressenti subtile des forces en présence. Je ne progressais pas assez vite à son goût. Elle avait sur moi l'avantage d'être en prise directe sur l'espace quand moi je devais passer par le truchement des organes du vaisseau. Pourtant petit à petit, il me semblait que je sentais mieux ce qui se passait dans l'univers autour de moi. La confiance me venait aussi. Nous allions passer à la phase suivante : s'enfoncer dans le pays ennemi pour y trouver les voies que ce soient les autoroutes ou les chemins de traverse.
Pour former au mieux mes pilotes, j'avais introduit un roulement qui évitait aussi les frictions et les préférences. Toutes les décades, mon équipe de pilotes changeait. Cela me permettait aussi de former les pilotes au voyage entre les TET. Passer d'une bulle spatio temporelle à une autre nécessitait précision, courage et sang-froid. Il était vital pour eux de pouvoir réaliser un tel saut de manière réflexe. Ce n'est pas pendant un combat qu'ils pourraient affiner leur pilotage. A quelques exceptions près, tous les pilotes étaient au niveau requis. Avant d'entamer la deuxième phase, j'avais obtenu une mise au repos de deux décades pour tous les pilotes. Les trois escadrilles furent rapatriées sur Endoor. On nous fit atterrir sur Arche 12. De là, chacun put rejoindre un point de l'Empire qui lui tenait à coeur. Je n'avais pas de doute sur leur retour dans deux décades. Notre réputation était toujours aussi grande. Je devrais dire la mienne surtout. Lors des vols avec moi, les autres pilotes sentaient bien que le déroulement des faits ne se passait pas comme ils le prévoyaient. Nos passages de TET en TET les déroutaient. Peu d'entre eux sentaient le moment favorable. Quelques uns atteignaient cette capacité, curieusement tous ou presque étaient des Simpalais comme Ktanm. Cette société initiatique à plusieurs niveaux dispensait un savoir que peu d'autres sociétés obtenaient. Leur sensibilité en vol m'évoquait celle de Ktanm, en moins puissante. J’avais accru leur formation pour en faire des chefs de groupe. Ils répandaient le bruit de ma possession par l’esprit du Major Ktanm comme ils disaient. Ce mystère autour de nous attirait comme un aimant.
N’ayant rien à faire de particulier, ma seule famille, un père, était perdue au fin fond de l’espace sur une planète archaïque comme me le montraient les rares missives que je recevais, j’avais décidé de rester sur Arche 12 pour fignoler la suite de notre mission. Je volais tous les jours. Le troisième jour, Ktanm me demanda de la laisser partir. Je ne voyais pas comment elle pourrait se débrouiller sans un pilote à son bord. Alors elle m’expliqua.
Le cinquième jour, je décollais pour prendre quelques jours de repos dans la vallée à l’ouest de Arche 12. J’avais à bord de quoi monter un campement et vivre quelques jours. Comme toujours, Ktanm se posa divinement. Je débarquais mes affaires.
- Tu es sûre, Ktanm, de ce que tu fais ? Un vaisseau sans pilote, ça va faire jaser !
- Ne t’inquiète pas, Right. Là où je vais, personne ne me demandera rien. Tu as tout ce dont tu as besoin ?
- Oui, j’ai même un accès au RésOrd.
- Je serais là dans une décade.
Son décollage en douceur me laissa seul dans une vallée inhabitée. Dix jours, elle m’avait demandé dix jours. Mais pour quoi faire ? Son corps devenu vaisseau me semblait un obstacle insurmontable. Elle avait tenté de me rassurer en me parlant d’initiation supplémentaire pour le bien de notre mission future. Je gardais pourtant une peur cachée au fond de mon ventre. Seul, ici, j’étais impuissant. Il me fallait faire confiance. Je me disais que dix jours n’était pas un temps trop long.
Ktanm m’avait quitté depuis longtemps quand je baissais les yeux qui fixaient le point de sa disparition. Je me dirigeais vers mes caisses et me commençais à monter mon abri.
La nuit s’annonçait.
J’étais heureux. Les vols succédaient aux vols. La cartographie avançait bien. Nous avions commencé notre exploration par la périphérie de la région dite des « Marges Orientales ». Grâce à Ktanm, j’améliorais ma connaissance de l’espace. Elle sentait les lignes de forces aussi sûrement qu’un oiseau sent les courants du vent. En se déplaçant, d'une manière que je trouvais hasardeuse, Ktanm tissait sa toile de sensations. Elle m'apprenait à faire confiance au ressenti subtile des forces en présence. Je ne progressais pas assez vite à son goût. Elle avait sur moi l'avantage d'être en prise directe sur l'espace quand moi je devais passer par le truchement des organes du vaisseau. Pourtant petit à petit, il me semblait que je sentais mieux ce qui se passait dans l'univers autour de moi. La confiance me venait aussi. Nous allions passer à la phase suivante : s'enfoncer dans le pays ennemi pour y trouver les voies que ce soient les autoroutes ou les chemins de traverse.
Pour former au mieux mes pilotes, j'avais introduit un roulement qui évitait aussi les frictions et les préférences. Toutes les décades, mon équipe de pilotes changeait. Cela me permettait aussi de former les pilotes au voyage entre les TET. Passer d'une bulle spatio temporelle à une autre nécessitait précision, courage et sang-froid. Il était vital pour eux de pouvoir réaliser un tel saut de manière réflexe. Ce n'est pas pendant un combat qu'ils pourraient affiner leur pilotage. A quelques exceptions près, tous les pilotes étaient au niveau requis. Avant d'entamer la deuxième phase, j'avais obtenu une mise au repos de deux décades pour tous les pilotes. Les trois escadrilles furent rapatriées sur Endoor. On nous fit atterrir sur Arche 12. De là, chacun put rejoindre un point de l'Empire qui lui tenait à coeur. Je n'avais pas de doute sur leur retour dans deux décades. Notre réputation était toujours aussi grande. Je devrais dire la mienne surtout. Lors des vols avec moi, les autres pilotes sentaient bien que le déroulement des faits ne se passait pas comme ils le prévoyaient. Nos passages de TET en TET les déroutaient. Peu d'entre eux sentaient le moment favorable. Quelques uns atteignaient cette capacité, curieusement tous ou presque étaient des Simpalais comme Ktanm. Cette société initiatique à plusieurs niveaux dispensait un savoir que peu d'autres sociétés obtenaient. Leur sensibilité en vol m'évoquait celle de Ktanm, en moins puissante. J’avais accru leur formation pour en faire des chefs de groupe. Ils répandaient le bruit de ma possession par l’esprit du Major Ktanm comme ils disaient. Ce mystère autour de nous attirait comme un aimant.
N’ayant rien à faire de particulier, ma seule famille, un père, était perdue au fin fond de l’espace sur une planète archaïque comme me le montraient les rares missives que je recevais, j’avais décidé de rester sur Arche 12 pour fignoler la suite de notre mission. Je volais tous les jours. Le troisième jour, Ktanm me demanda de la laisser partir. Je ne voyais pas comment elle pourrait se débrouiller sans un pilote à son bord. Alors elle m’expliqua.
Le cinquième jour, je décollais pour prendre quelques jours de repos dans la vallée à l’ouest de Arche 12. J’avais à bord de quoi monter un campement et vivre quelques jours. Comme toujours, Ktanm se posa divinement. Je débarquais mes affaires.
- Tu es sûre, Ktanm, de ce que tu fais ? Un vaisseau sans pilote, ça va faire jaser !
- Ne t’inquiète pas, Right. Là où je vais, personne ne me demandera rien. Tu as tout ce dont tu as besoin ?
- Oui, j’ai même un accès au RésOrd.
- Je serais là dans une décade.
Son décollage en douceur me laissa seul dans une vallée inhabitée. Dix jours, elle m’avait demandé dix jours. Mais pour quoi faire ? Son corps devenu vaisseau me semblait un obstacle insurmontable. Elle avait tenté de me rassurer en me parlant d’initiation supplémentaire pour le bien de notre mission future. Je gardais pourtant une peur cachée au fond de mon ventre. Seul, ici, j’étais impuissant. Il me fallait faire confiance. Je me disais que dix jours n’était pas un temps trop long.
Ktanm m’avait quitté depuis longtemps quand je baissais les yeux qui fixaient le point de sa disparition. Je me dirigeais vers mes caisses et me commençais à monter mon abri.
La nuit s’annonçait.
samedi 24 avril 2010
vendredi 23 avril 2010
jeudi 22 avril 2010
mercredi 21 avril 2010
Cinquième épisode
Deuxième scène
J’exultais.
Derrière moi deux escadrilles de F55 flambant neuf, s’étaient mises en formation pour atterrir.
L’Empereur m’avait donné le grade de colonel et le commandement de cette nouvelle unité de reconnaissance et d’action. Les usines avaient travaillé jour et nuit pour livrer ses nouvelles machines en temps et en heure. Moins anguleux que le F54b, le F55 en reprenait l’architecture. Les pilotes déjà confirmés sur F54b pouvaient ainsi être qualifiés très vite sur F55. Voler sous les ordres de celui qui danse la mort était devenu le rêve de beaucoup de pilotes. Les candidatures avaient été très nombreuses, trop nombreuses. Mon séjour sur Terre Un fut en grande partie rempli par ces sélections. Pour les cinquante places possibles, il me fallut choisir entre mille pilotes. Sans l’aide de Ktanm, je n’y serais jamais arrivé. La présélection fut faite par les instructeurs. Le test final était de voler en binôme avec moi. Ktanm avait une idée précise de qui était bon et mauvais pilote. Les recalés trouvèrent les critères de sélection flous. Personne n’osa discuter ouvertement mes choix éclairés par Ktanm. Mes visites chez l’Empereur décourageaient toute critique. Il nous faisait venir régulièrement pour voler avec Ktanm. Je jalousais cette complicité bien plus ancienne. Ktanm ne voulait rien dire. Je n’osais pas interroger l’Empereur.
Quand les deux escadrilles furent prêtes, l’Empereur nous fit une visite. Son déplacement sur la base lunaire fut un évènement galactique. Il ne sortait quasiment jamais de son palais. Les médias s’interrogèrent longuement sur cette visite. Chacun y alla de son commentaire. L’opinion publique de nouveau se focalisa sur moi. Ceux qui se prenaient pour les mieux informés, émirent l’idée d’un plan tellement secret que seul l’Empereur et moi le connaîtrions. D’autres parlèrent de tocade pour un spadassin peut-être génial mais qui ne pourrait que décevoir dans les temps à venir. Ils firent même des paris sur la durée de vie du phénomène. Je fus étonné de voir s’embuer le regard de l’Empereur faisant ses adieux à Ktanm. Celle-ci resta silencieuse longtemps après notre départ.
Nos ordres contrairement à la rumeur, étaient simples. Notre faiblesse était de ne pas connaître le terrain où nous combattions. Nous devions faire une cartographie des TET des Marges Orientales et autant que possible frapper leurs flottes. Nous ne devions pas engager de bataille rangée mais opérer par raids et escarmouches. Pendant que nous accomplissions notre mission, une nouvelle armée se réunissait dans le système d’Endoor. Muni de nos renseignements, l’Empereur ne doutait pas de sa victoire.
Nous allions être basés sur un astéroïde perdu dans un système improbable. Ktanm et moi avions découvert ce système par hasard, lors d’une reconnaissance. Pour préparer notre implantation, nous avions circulé sans autre but précis que de rester à proximité des Marges Orientales. A notre sortie du TET, nous avions failli griller. Les réflexes de Ktanm, nous sauvèrent la vie. L’étoile mourait. Son expansion était commencée. Elle englobait déjà le centre du système. S’il y avait eu des planètes, elles avaient disparu dans le brasier. Les TET intérieurs étaient devenus des pièges mortels débouchant au cœur de la fusion stellaire. Nous avions débouché à la limite du tolérable. Après avoir pris une distance de sécurité, j’avais analysé l’équilibre du système. La ceinture d’astéroïdes ne serait pas atteinte avant trois ou cinq années locales. Cela nous laissait largement le temps de mener à bien notre mission. Par contre pas un vaisseau hormis les F55 ne pourrait virer assez court à la sortie du TET pour éviter le feu de l’étoile expansive. Nous avions exploré les autres TET plus lointains. La marge de sécurité avant une possible attaque faisait de la ceinture d’astéroïdes une forteresse naturelle. Aucun gros vaisseau ne pourrait s’aventurer sans risque dans cette zone, quand aux éventuels chasseurs ou petits bombardiers ennemis nous n’aurions aucun mal à en venir à bout.
La construction de la base fut un défi technologique. Pour acheminer le matériel sur l’astéroïde que nous avions surnommé Double Huit, en raison de sa forme, nous avions inventé un système de remorque pour les chasseurs. Le virage de sortie du TET était un challenge potentiellement mortel, avec les F55 en limite de surcharge. Par bonheur, il n’y eut que deux pertes à déplorer, rapidement comblées par les candidats qui se pressaient toujours pour faire partie des escadrilles qui dansent la mort.
Un personnel de maintenance réduit, pas ou peu de matériel sur place, étaient les caractéristiques de la base du Double Huit. La défense était assurée par quatre chasseurs en vol. L’astéroïde était devenu comme un vaisseau mère, servant au ravitaillement entre deux missions. Un roulement était prévu avec une troisième escadrille qui arriverait dès que le F55 seraient prêts.
Je me posais en premier. J’allais vers un des sas en pensant que les choses sérieuses allaient commencer dès le lendemain. Je pensais tout haut :
- Ce sera la gloire ou la mort !
- Et comme je n’ai pas envie de mourir…
La voix de Ktanm me fit sourire, l’avenir était à nous.
J’exultais.
Derrière moi deux escadrilles de F55 flambant neuf, s’étaient mises en formation pour atterrir.
L’Empereur m’avait donné le grade de colonel et le commandement de cette nouvelle unité de reconnaissance et d’action. Les usines avaient travaillé jour et nuit pour livrer ses nouvelles machines en temps et en heure. Moins anguleux que le F54b, le F55 en reprenait l’architecture. Les pilotes déjà confirmés sur F54b pouvaient ainsi être qualifiés très vite sur F55. Voler sous les ordres de celui qui danse la mort était devenu le rêve de beaucoup de pilotes. Les candidatures avaient été très nombreuses, trop nombreuses. Mon séjour sur Terre Un fut en grande partie rempli par ces sélections. Pour les cinquante places possibles, il me fallut choisir entre mille pilotes. Sans l’aide de Ktanm, je n’y serais jamais arrivé. La présélection fut faite par les instructeurs. Le test final était de voler en binôme avec moi. Ktanm avait une idée précise de qui était bon et mauvais pilote. Les recalés trouvèrent les critères de sélection flous. Personne n’osa discuter ouvertement mes choix éclairés par Ktanm. Mes visites chez l’Empereur décourageaient toute critique. Il nous faisait venir régulièrement pour voler avec Ktanm. Je jalousais cette complicité bien plus ancienne. Ktanm ne voulait rien dire. Je n’osais pas interroger l’Empereur.
Quand les deux escadrilles furent prêtes, l’Empereur nous fit une visite. Son déplacement sur la base lunaire fut un évènement galactique. Il ne sortait quasiment jamais de son palais. Les médias s’interrogèrent longuement sur cette visite. Chacun y alla de son commentaire. L’opinion publique de nouveau se focalisa sur moi. Ceux qui se prenaient pour les mieux informés, émirent l’idée d’un plan tellement secret que seul l’Empereur et moi le connaîtrions. D’autres parlèrent de tocade pour un spadassin peut-être génial mais qui ne pourrait que décevoir dans les temps à venir. Ils firent même des paris sur la durée de vie du phénomène. Je fus étonné de voir s’embuer le regard de l’Empereur faisant ses adieux à Ktanm. Celle-ci resta silencieuse longtemps après notre départ.
Nos ordres contrairement à la rumeur, étaient simples. Notre faiblesse était de ne pas connaître le terrain où nous combattions. Nous devions faire une cartographie des TET des Marges Orientales et autant que possible frapper leurs flottes. Nous ne devions pas engager de bataille rangée mais opérer par raids et escarmouches. Pendant que nous accomplissions notre mission, une nouvelle armée se réunissait dans le système d’Endoor. Muni de nos renseignements, l’Empereur ne doutait pas de sa victoire.
Nous allions être basés sur un astéroïde perdu dans un système improbable. Ktanm et moi avions découvert ce système par hasard, lors d’une reconnaissance. Pour préparer notre implantation, nous avions circulé sans autre but précis que de rester à proximité des Marges Orientales. A notre sortie du TET, nous avions failli griller. Les réflexes de Ktanm, nous sauvèrent la vie. L’étoile mourait. Son expansion était commencée. Elle englobait déjà le centre du système. S’il y avait eu des planètes, elles avaient disparu dans le brasier. Les TET intérieurs étaient devenus des pièges mortels débouchant au cœur de la fusion stellaire. Nous avions débouché à la limite du tolérable. Après avoir pris une distance de sécurité, j’avais analysé l’équilibre du système. La ceinture d’astéroïdes ne serait pas atteinte avant trois ou cinq années locales. Cela nous laissait largement le temps de mener à bien notre mission. Par contre pas un vaisseau hormis les F55 ne pourrait virer assez court à la sortie du TET pour éviter le feu de l’étoile expansive. Nous avions exploré les autres TET plus lointains. La marge de sécurité avant une possible attaque faisait de la ceinture d’astéroïdes une forteresse naturelle. Aucun gros vaisseau ne pourrait s’aventurer sans risque dans cette zone, quand aux éventuels chasseurs ou petits bombardiers ennemis nous n’aurions aucun mal à en venir à bout.
La construction de la base fut un défi technologique. Pour acheminer le matériel sur l’astéroïde que nous avions surnommé Double Huit, en raison de sa forme, nous avions inventé un système de remorque pour les chasseurs. Le virage de sortie du TET était un challenge potentiellement mortel, avec les F55 en limite de surcharge. Par bonheur, il n’y eut que deux pertes à déplorer, rapidement comblées par les candidats qui se pressaient toujours pour faire partie des escadrilles qui dansent la mort.
Un personnel de maintenance réduit, pas ou peu de matériel sur place, étaient les caractéristiques de la base du Double Huit. La défense était assurée par quatre chasseurs en vol. L’astéroïde était devenu comme un vaisseau mère, servant au ravitaillement entre deux missions. Un roulement était prévu avec une troisième escadrille qui arriverait dès que le F55 seraient prêts.
Je me posais en premier. J’allais vers un des sas en pensant que les choses sérieuses allaient commencer dès le lendemain. Je pensais tout haut :
- Ce sera la gloire ou la mort !
- Et comme je n’ai pas envie de mourir…
La voix de Ktanm me fit sourire, l’avenir était à nous.
mardi 20 avril 2010
lundi 19 avril 2010
dimanche 18 avril 2010
Cinquième épisode
Première scène
L’Empereur avait voulu me voir. Je volais vers Terre Un. Je me remémorais tout ce qu’on m’avait dit. J’avais mémorisé le protocole. Il ne fallait pas que je fasse un impair. Ktanm rigolait tout en m’aidant à réciter toutes les formules.
- Right, tu sais quand même que tu es un héros ?
- Je sais, Ktanm. Mais c’est l’empereur que je vais rencontrer.
- Non, Right. Que nous allons rencontrer.
- Dans le protocole, il ne parle pas de vaisseaux. Je ne sais pas ce qui va t’arriver.
- Ne t’inquiète pas, Right. J’ai ma petite idée. Nous arrivons près de Terre Un. Je vais nous caler sur le bon couloir aérien.
Pour une fois, je laissais toute liberté à Ktanm. J'étais trop nerveux pour être attentif. Je repensais à tout ce qui m'était arrivé.
Les médias avaient surtout parlé de mes exploits. Bien sûr, la bataille d'Endoor était une défaite majeure. C'est par millions que se comptaient les morts. Certains me touchaient plus, Les frère Silu, Saktin, les pilotes qui avaient été sous mes ordres. Par contre je ne pleurais pas le major Skatn, ainsi que quelques autres. Les bombes à fission avaient tout nettoyé, le bon comme le mauvais. L’amiral avait demandé un contrôle de nos enregistreurs de vols. C’est ainsi que je fus crédité d’un nombre record de victoires. Ktanm aussi, était à l’honneur mais à titre posthume. Personne ne discuta mon désir de garder ce F54b modifié. Il fut même copié pour devenir le F55.
Dans les semaines qui suivirent, je fus harcelé par les médias. Je racontais et re-racontais mon combat. Des simulations étaient projetées en boucle sur certains canaux. Sur le RésOrd, on pouvait même voir la première simulation faite sur le disrupteur. La communication impériale fonctionnait à merveille. D’une défaite cuisante, elle faisait une victoire. D’un pilote, elle faisait un héros à admirer. Un jour, un programmateur me montra le jeu vidéo qu’il avait tiré de la bataille. J’acceptais d'y jouer un peu. Si les commandes du F54b étaient bien reconstituées, il manquait des sensations de vol que jamais un rampant ne pourrait avoir. Ce jour là je fis un score honorable. Le programmateur insista pour entrer dans les scores, mon nombre réel de victoires, ainsi que celui de Ktanm. La danse de la mort, comme s’appelait ce jeu, devint une référence et un mythe rapidement. Les meilleurs champions du virtuel ne purent égaler le record.
Sur le RésOrd, j’étais devenu : celui qui danse la mort. Pour des raisons de com., l’amiral m’avait constitué un secrétariat qui répondait aux milliers de courriels. Il avait des ordres précis de la part de l’Empereur. Endoor se repeuplait. Des milliers de structures et de vaisseaux sillonnaient ses orbites. Un deuxième disrupteur était arrivé. L’Empereur avait décidé. Une nouvelle flotte se réunirait à Endoor et serait victorieuse. L’amiral Tchecanstin avait été la dernière victime de cette défaite. Il était désigné comme le responsable de l’impréparation de la flotte d’Endoor.
J’abordais l’atmosphère de Terre Un. Le contrôle aérien me contacta.
- Vaisseau secteur 24, couloir 12, identifiez-vous !
- Ici, lieutenant Right venant de Endoor pour l’astroport A. Code 12 24 67 32.
J’entendis aussi le crépitement des circuits de Ktanm qui lançait les séquences de reconnaissance pour les défenses aériennes. Je fus très surpris quand j’entendis :
- Excusez-moi, Lieutenant. Je n’avais pas vu votre code 4. Prenez le couloir 3 et passez sur le canal 2 pour le contrôle principal. Bon Vol.
- Ktanm, c’est quoi ce code 4.
- C’est mon code, Right.
- Et ça veut dire quoi ?
- Nous sommes prioritaires.
J’assimilais l’information. Pas d’attente à tourner en rond, nous allions nous poser directement. J’avais droit à un traitement de VIP. En quelques minutes la capitale fut en vue. L’astro-aéroport avec ses quinze pistes était impressionnant. Mes yeux radars repéraient les différents appareils en vol.
- Vaisseau Code 12 24 67 32, identifiez-vous !
J’allais répondre quand Ktanm me coupa la parole.
- Laisse, Right. Je gère.
- Ici contrôle principal, Code 4 accepté. Prenez au 160, et passez sur canal code 4.
- On ne se pose pas Ktanm ?
- Non, pas encore !
Laissant l’astro-aéroport, nous nous dirigeâmes vers la capitale. Je sentais les flux d’informations que Ktanm échangeait avec le contrôleur. A mes questions, elle répondait simplement qu’elle était Code 4 et suivait la procédure.
Ma panique monta d’un cran quand quatre chasseurs des gardes-empereur se mirent en position d’attaque pour nous couper la route. Automatiquement je me mis en position de défense. Ktanm ne me laissa pas faire. Elle poursuivit sa route sans dévier. Je voyais déjà la collision. Il n’y en eut pas. Le groupe d’attaque se mua en escorte comme par magie. En voyant la piste, je compris, nous allions atterrir au cœur même du palais impérial sur le tarmac personnel de l’Empereur. Je ne comprenais plus rien.
Ktanm se posa comme à l’exercice. Elle avait à peine verrouillé ses vérins qu’un homme s’avançait.
Je déclenchais l’ouverture de mon cockpit. Quand mon fauteuil tourna pour me permettre de descendre, je me trouvais nez à nez avec lui. Je tombais genou à terre.
- Relevez-vous, Colonel Right ! Allez m’attendre avec les officiels, Ktanm et moi avons beaucoup de choses à nous dire.
Je ne trouvais rien à dire ! Colonel ! L’Empereur m’avait appelé Colonel. Je marchais sur un nuage vers le cordon des officiels quand le sens des autres paroles qu’il avait dites, arriva à ma conscience. Je me retournais pour voir l’Empereur disparaître sur mon fauteuil dans le tunnel d’accès au cockpit. Des gens coururent en criant
- Non !!!!
Ils n’atteignirent jamais le chasseur. Ktanm avait fait un décollage d’urgence. Les chasseurs des gardes-empereurs se mirent en position d’escorte et le groupe disparut à notre vue à une vitesse interdite dans tous les protocoles.
- Mais qu’est-ce que vous avez fait ?
Je me tournais vers celui qui m’interpellait. Son habit de cour était superbe, mais ne me renseignait pas sur sa fonction. Il frotta sa manche. Un clavier virtuel apparut devant lui. Ces doigts coururent dessus. Je remarquais alors qu’il portait des lunettes écran. Garde du corps ? Chef du protocole ? J’avais encore mon casque de pilotage. Je pensais :
- Ktanm, qu’est-ce que tu fais ?
Aussi claires que des paroles, sa réponse me parvint :
- J’accueille un vieil ami. Je reviens.
J’allais poser une autre question quand :
- Vous suivez-moi ! Ça ne va pas se passer comme cela.
La menace était implicite. Mais comment lui expliquer que mon chasseur n’en était pas un.
- Sa Majesté n’a pas piloté depuis plus de quarante ans. J’avais bien dit que tout cela finirait mal.
Sur un geste du personnage, quatre gardes-empereurs m’encadrèrent. L’ombre d’un sourire courait sur leurs visages. Nous suivîmes sans un mot. Je voyais s’agiter devant moi la silhouette tressautante et râlante qui m’évoquait les grands pseudo-singes de Mondquatre.
L’Empereur avait voulu me voir. Je volais vers Terre Un. Je me remémorais tout ce qu’on m’avait dit. J’avais mémorisé le protocole. Il ne fallait pas que je fasse un impair. Ktanm rigolait tout en m’aidant à réciter toutes les formules.
- Right, tu sais quand même que tu es un héros ?
- Je sais, Ktanm. Mais c’est l’empereur que je vais rencontrer.
- Non, Right. Que nous allons rencontrer.
- Dans le protocole, il ne parle pas de vaisseaux. Je ne sais pas ce qui va t’arriver.
- Ne t’inquiète pas, Right. J’ai ma petite idée. Nous arrivons près de Terre Un. Je vais nous caler sur le bon couloir aérien.
Pour une fois, je laissais toute liberté à Ktanm. J'étais trop nerveux pour être attentif. Je repensais à tout ce qui m'était arrivé.
Les médias avaient surtout parlé de mes exploits. Bien sûr, la bataille d'Endoor était une défaite majeure. C'est par millions que se comptaient les morts. Certains me touchaient plus, Les frère Silu, Saktin, les pilotes qui avaient été sous mes ordres. Par contre je ne pleurais pas le major Skatn, ainsi que quelques autres. Les bombes à fission avaient tout nettoyé, le bon comme le mauvais. L’amiral avait demandé un contrôle de nos enregistreurs de vols. C’est ainsi que je fus crédité d’un nombre record de victoires. Ktanm aussi, était à l’honneur mais à titre posthume. Personne ne discuta mon désir de garder ce F54b modifié. Il fut même copié pour devenir le F55.
Dans les semaines qui suivirent, je fus harcelé par les médias. Je racontais et re-racontais mon combat. Des simulations étaient projetées en boucle sur certains canaux. Sur le RésOrd, on pouvait même voir la première simulation faite sur le disrupteur. La communication impériale fonctionnait à merveille. D’une défaite cuisante, elle faisait une victoire. D’un pilote, elle faisait un héros à admirer. Un jour, un programmateur me montra le jeu vidéo qu’il avait tiré de la bataille. J’acceptais d'y jouer un peu. Si les commandes du F54b étaient bien reconstituées, il manquait des sensations de vol que jamais un rampant ne pourrait avoir. Ce jour là je fis un score honorable. Le programmateur insista pour entrer dans les scores, mon nombre réel de victoires, ainsi que celui de Ktanm. La danse de la mort, comme s’appelait ce jeu, devint une référence et un mythe rapidement. Les meilleurs champions du virtuel ne purent égaler le record.
Sur le RésOrd, j’étais devenu : celui qui danse la mort. Pour des raisons de com., l’amiral m’avait constitué un secrétariat qui répondait aux milliers de courriels. Il avait des ordres précis de la part de l’Empereur. Endoor se repeuplait. Des milliers de structures et de vaisseaux sillonnaient ses orbites. Un deuxième disrupteur était arrivé. L’Empereur avait décidé. Une nouvelle flotte se réunirait à Endoor et serait victorieuse. L’amiral Tchecanstin avait été la dernière victime de cette défaite. Il était désigné comme le responsable de l’impréparation de la flotte d’Endoor.
J’abordais l’atmosphère de Terre Un. Le contrôle aérien me contacta.
- Vaisseau secteur 24, couloir 12, identifiez-vous !
- Ici, lieutenant Right venant de Endoor pour l’astroport A. Code 12 24 67 32.
J’entendis aussi le crépitement des circuits de Ktanm qui lançait les séquences de reconnaissance pour les défenses aériennes. Je fus très surpris quand j’entendis :
- Excusez-moi, Lieutenant. Je n’avais pas vu votre code 4. Prenez le couloir 3 et passez sur le canal 2 pour le contrôle principal. Bon Vol.
- Ktanm, c’est quoi ce code 4.
- C’est mon code, Right.
- Et ça veut dire quoi ?
- Nous sommes prioritaires.
J’assimilais l’information. Pas d’attente à tourner en rond, nous allions nous poser directement. J’avais droit à un traitement de VIP. En quelques minutes la capitale fut en vue. L’astro-aéroport avec ses quinze pistes était impressionnant. Mes yeux radars repéraient les différents appareils en vol.
- Vaisseau Code 12 24 67 32, identifiez-vous !
J’allais répondre quand Ktanm me coupa la parole.
- Laisse, Right. Je gère.
- Ici contrôle principal, Code 4 accepté. Prenez au 160, et passez sur canal code 4.
- On ne se pose pas Ktanm ?
- Non, pas encore !
Laissant l’astro-aéroport, nous nous dirigeâmes vers la capitale. Je sentais les flux d’informations que Ktanm échangeait avec le contrôleur. A mes questions, elle répondait simplement qu’elle était Code 4 et suivait la procédure.
Ma panique monta d’un cran quand quatre chasseurs des gardes-empereur se mirent en position d’attaque pour nous couper la route. Automatiquement je me mis en position de défense. Ktanm ne me laissa pas faire. Elle poursuivit sa route sans dévier. Je voyais déjà la collision. Il n’y en eut pas. Le groupe d’attaque se mua en escorte comme par magie. En voyant la piste, je compris, nous allions atterrir au cœur même du palais impérial sur le tarmac personnel de l’Empereur. Je ne comprenais plus rien.
Ktanm se posa comme à l’exercice. Elle avait à peine verrouillé ses vérins qu’un homme s’avançait.
Je déclenchais l’ouverture de mon cockpit. Quand mon fauteuil tourna pour me permettre de descendre, je me trouvais nez à nez avec lui. Je tombais genou à terre.
- Relevez-vous, Colonel Right ! Allez m’attendre avec les officiels, Ktanm et moi avons beaucoup de choses à nous dire.
Je ne trouvais rien à dire ! Colonel ! L’Empereur m’avait appelé Colonel. Je marchais sur un nuage vers le cordon des officiels quand le sens des autres paroles qu’il avait dites, arriva à ma conscience. Je me retournais pour voir l’Empereur disparaître sur mon fauteuil dans le tunnel d’accès au cockpit. Des gens coururent en criant
- Non !!!!
Ils n’atteignirent jamais le chasseur. Ktanm avait fait un décollage d’urgence. Les chasseurs des gardes-empereurs se mirent en position d’escorte et le groupe disparut à notre vue à une vitesse interdite dans tous les protocoles.
- Mais qu’est-ce que vous avez fait ?
Je me tournais vers celui qui m’interpellait. Son habit de cour était superbe, mais ne me renseignait pas sur sa fonction. Il frotta sa manche. Un clavier virtuel apparut devant lui. Ces doigts coururent dessus. Je remarquais alors qu’il portait des lunettes écran. Garde du corps ? Chef du protocole ? J’avais encore mon casque de pilotage. Je pensais :
- Ktanm, qu’est-ce que tu fais ?
Aussi claires que des paroles, sa réponse me parvint :
- J’accueille un vieil ami. Je reviens.
J’allais poser une autre question quand :
- Vous suivez-moi ! Ça ne va pas se passer comme cela.
La menace était implicite. Mais comment lui expliquer que mon chasseur n’en était pas un.
- Sa Majesté n’a pas piloté depuis plus de quarante ans. J’avais bien dit que tout cela finirait mal.
Sur un geste du personnage, quatre gardes-empereurs m’encadrèrent. L’ombre d’un sourire courait sur leurs visages. Nous suivîmes sans un mot. Je voyais s’agiter devant moi la silhouette tressautante et râlante qui m’évoquait les grands pseudo-singes de Mondquatre.
samedi 17 avril 2010
vendredi 16 avril 2010
jeudi 15 avril 2010
mercredi 14 avril 2010
mardi 13 avril 2010
lundi 12 avril 2010
Quatrième épisode
Scène huit
La fébrilité régnait partout. J’étais le seul tranquille au milieu de ce tumulte. Quelqu’un avait dû mettre un coup de pied dans cette fourmilière. J’avais laissé Ktanm repartir. Cela avait étonné. Personne n’avait rien dit puisqu’il n’y avait pas d’ordre contraire. Assis, attendant que l’amiral me fasse entrer dans son bureau, je voyais l’activité qui régnait dans la grande salle de commande. Des centaines de sondes et de vaisseaux d’observation avait été largués. Je voyais et j’entendais arriver les résultats de leurs investigations. Les spécialistes des combats décryptaient tous les indices. Ils reconstruisaient le puzzle des évènements que j’avais vécus. De temps à autre au début de mon attente puis plus souvent après des regards se tournaient vers moi. Je pensais que je les intriguais. J’avais tort mais je ne l’appris que plus tard.
- Lieutenant Right ?
Je me levais d’un bond. Un commandant me tendait la main après un bref salut peu protocolaire. Je répondis et au salut et à la poignée de main.
- Entrez, l’amiral vous attend.
Il me précéda dans le vaste bureau de l’amiral. A droite, une carte holographique du système d’Endoor. Des points jaunes brillaient ça et là. Autour de la carte de nombreux gradés, avec à leur centre l’amiral, debout, semblait donner des ordres. Devant moi, un vaste bureau surchargé d’écrans avec de part et d’autres des personnels féminins pianotant sur leurs terminaux. A gauche, une autre console à carte holographique était éteinte.
- Ah ! Lieutenant Right !
Je me retournais vers l’amiral qui venait de m’apostropher. Je saluais et me mis au garde à vous.
- Repos, Lieutenant Right, repos. Ici pas de protocole, nous sommes là pour travailler. Endoor a été attaquée et quasi détruite. Sur la carte, les quelques ponts jaunes représentent les survivants. Vous voyez, il y en a peu. Seul Arche 12 semble avoir échappé au massacre. Toutes les autres installations sont endommagées ou détruites. Donnez-moi votre version, Lieutenant.
Je me lançais dans des explications qui ne durèrent pas longtemps. Je n’avais eu aucune vision d’ensemble de la situation. Je ne me rappelais que d’instants de combat, de saut dans les TET et d’attaques encore et toujours jusqu’à épuisement.
- Bien, bien Lieutenant. Selon les premières investigations, il semblerait que les patrouilles aériennes aient été trop peu nombreuses au moment de l’attaque. La vôtre a été la première et la dernière aussi.
- Amiral, nous sommes prêts !
L’amiral se dirigea vers la console holographique éteinte, suivi par tous ses conseillers. Il s’assit imité par tous ceux qui trouvèrent un siège. Je restais debout derrière lui. La lumière apparut et se déploya. Le système d’Endoor clignota avant de se stabiliser.
- Nous nous sommes calés au temps zéro de l’attaque. Voyez au niveau de l’orbite de la deuxième planète, il y a un TET qui s’ouvre. Nous avons été obligés d’estimer les forces ennemies. En opaque vous verrez ce dont nous sommes sûrs et en semi transparent les hypothèses qui expliquent le plus de faits. Voici la commande, Amiral, le zoom est à droite et le pad de déplacement à gauche. Pour démarrer appuyer sur le bouton vert.
Je vis le pouce de l’amiral se contracter sur le bouton vert. Immédiatement la simulation holographique démarra. Il y eu un flou devant les étoiles lointaines, un cercle s’ouvrit vomissant un torrent de vaisseaux des Marges Orientales rouge comme une coulée de lave. Se précipitant dans les TET locaux, ils disparaissaient pour refaire parler d’eux près de chaque planète. On voyait des éclairs sur les sphères planétaires. A chaque fois une tache jaune disparaissait. Il ne resta bientôt plus que Arche 12 qui brillait. Je compris que l’amiral avait choisi une vitesse accélérée pour avoir une vision d’ensemble.
Il joua avec sa télécommande. Nous étions revenu au commencement. Zoomant sur la troisième planète, il fit un gros plan sur les attaquants. Je reconnu les vaisseaux que j’avais combattu. Ils larguaient des missiles chargés de bombes à fission. Leurs impacts au sol étaient dévastateurs. Les ondes de chocs écroulaient tout, les ondes de chaleurs détruisaient le reste. La simulation se déplaça autour de la planète suivant l’impact des bombes. Le bombardement s’arrêta devant la haute chaîne de montagne qui barrait le continent vers le sud. Cela épargna Arche 12.
Tout se brouilla à nouveau, pour revenir au début. Nous suivions maintenant un groupe de chasseur bombardier. Il échappa à nos regards en rentrant dans un TET. Pour moi qui connaissais bien le système d’Endoor, je compris que l’amiral suivait le groupe qui s’en était pris à la lune Alpha. D’ailleurs la simulation se cala sur la sortie du TET pour voir la sortie des ennemis. Mon regard fut attiré par le groupe de FK12 qui partait à l’exercice. Je m’attendais à le voir, mais la simulation montra le bombardement débuter pendant que des F54b prenaient leur envol. Je revis mon groupe décoller. Je sus que c’était nous car nous étions le premier groupe. Je vis nos regroupements et le début de la contre-attaque. Un point bleu se fixa sur l’image de F54b.
- Je marque votre chasseur, lieutenant Right. La simulation va vous suivre.
Je me vis attaquer le premier chasseur bombardier, je vis le tir de Ktanm détruisant les torpilles qui m’étaient destinées. Je découvris la suite que j’avais oubliée. Bondissant de lieu en lieu, nous attaquions les chasseurs bombardiers avec un taux de succès important. Je vis le FK12 de Saktin se faire détruire après avoir épuisé toutes ses bombes colorantes. Je me vis attaquant encore et encore. Les souvenirs me revenaient. La trappe d’accès des chasseurs bombardiers n’était pas assez réfléchissante. Là était leur point faible et je l’avais trouvé. J’en avais éprouvé une joie haineuse. Ils allaient payer. Je me vis toujours flanqué de Ktanm disparaître dans un TET pendant que les frère Silu continuaient vers un autre groupe ennemi. La simulation me suivi quand je jaillissais d’un TET pour détruire et replonger dans un autre TET. Parfois l’image décrochait. Elle se recalait très vite. Je savais pourquoi. Nous avions, Ktanm et moi, basculé d’un TET dans l’autre et nous n’étions pas ressorti au point prévu. Le passage incessant de TET en TET, nous permettait de jouer aussi avec le temps. Malgré sa qualité la console holo peinait à suivre.
L’image se figea. L’amiral fit un geste. Un technicien s’approcha, fit quelques réglages avec la télécommande. L’image clignota pour se recaler sur notre décollage. Je vis mon chasseur laisser derrière lui un sillage bleu. La simulation se régla sur une vue générale du système d’Endoor. Bientôt, je vis un trait bleu courir autour de la lune alpha puis près de la deuxième planète, pour apparaître quasi simultanément autour de la lune quatre, puis près de la deuxième orbite, puis un peu partout. Le système d’Endoor se remplissait du bleu de mes trajectoires, comme un enfant gribouillant sur une feuille de papier, ne laisse plus de blanc.
- Vous avez dansé la mort, Lieutenant. Je comprends pourquoi, ils se sont repliés. Vous avez avec vos chasseurs, détruit plus de la moitié de la flotte d’attaque.
Je sentis tous les regards fixés sur moi. Je n’avais pas eu conscience de cela. Mon compteur de victoire indiquait un chiffre tel que je l’avais cru en panne. En fait, il disait vrai.
- L’Empereur sera fier de vous, Lieutenant. Dommage que le Major Ktanm n’ait pas survécu.
L’amiral se leva.
- Messieurs, nous pouvons applaudir le lieutenant pour cet exploit.
Tous les présents se mirent debout et joignirent leurs applaudissements à ceux de l’amiral. Un sentiment d’irréalité m’envahit.
dimanche 11 avril 2010
samedi 10 avril 2010
Quatrième épisode
Scène sept
Deux autres chasseurs et un FK12 avaient réussi à regagner Arche 12. Mon F54b était très endommagé. Celui de Ktanm l’était moins même après sa glissade. J’avais demandé à l’équipe de maintenance de récupérer les pièces de mon chasseur pour refaire celui de Ktanm. Cette base comme toute les bases de maintenance portait le nom de Arche suivi d’un numéro. Elle venait d’être mise en service et aurait dû recevoir les vaisseaux techniques comme les nettoyeurs ou les ravitailleurs. En raison des retards, elle était presque vide. C’était la seule explication à l’absence de bombardement. Les véhicules terrestres étaient partis explorer la planète. A chaque retour, nous avions droit au même compte rendu : disparu sous les bombes. Les savants des Marges orientales maîtrisaient parfaitement la fusion. Leurs bombes à fusion ne laissaient quasiment aucun résidu radioactif. Les sites étaient propres prêts à être colonisés.
Comentick, le colonel dirigeant Arche 12, s’attendait chaque jour à voir débarquer les margiens. Les jours passaient sans qu’ils ne reviennent. Le colonel ne comprenait ce qu’ils attendaient, lui aurait profité de sa victoire pour assurer une solide tête de pont. Il avait mis la base en alerte. Il y avait eu d'ailleurs un branle-bas de combat quand les grandes oreilles qu'étaient les transmetteurs, avaient signalé de curieuses émissions venant de la région de l'espace proche du TET de Epsilon850. Cela avait duré quelques heures et tout avait cessé. Le colonel et les transmetteurs se repassaient les enregistrements. Avec la rotation de la planète, ils n'en avaient que les échos renvoyés par les satellites avant de les recevoir en direct.
- Cela ressemble aux procédures de l'Empire mais les codes sont différents.
- Vous pouvez décoder?
- Non, Colonel. Notre base n'est pas habilitée à recevoir les transmissions hors planète en clair.
- Comment savoir? Ennemis ou amis?
- On ne peut pas savoir. Les radars montrent une trace de vaisseau devant le TET d'Epsilon 850. Mais comme pour le reste nous n'avons pas l'équipement pour savoir. Il aurait fallu faire décoller un chasseur au risque de nous faire repérer.
- Trop dangereux ! Nous allons continuer à fonctionner en huis clos. Si tout va bien, les vaisseaux de secours ne vont pas tarder. Ils auront les codes pour nous joindre.
Je comprenais le colonel. Il disposait de techniciens en grand nombre, mais pas suffisamment de soldats. L’effectif de son armée volante se comptait sur les doigts d'une seule main avec quatre chasseurs dont un ne pourrait pas être réparé et un FK12. Toutes les communications avec le reste du système d'Endoor avaient cessé. S'il y avait des survivants, nous ne pouvions ni les joindre ni les secourir et encore moins en attendre du secours.
Je n’avais rien à faire. Je traînais mon ennui et ma peine dans le hangar trop vaste où nos chasseurs étaient parqués. Je tarabustais les techniciens pour qu’ils réparent au plus vite le F54b de Ktanm. J’en profitais pour y faire apporter quelques modifications. Je voulais des canons à obus colorants. Je voulais aussi qu’ils m’installent une radio à ultra-ondes. Ce n’était pas dans les protocoles. Si bien qu’ils se firent tirer l’oreille. Ils cédèrent pourtant devant mon insistance et leur propre ennui. Trouver comment monter ce bazar dans un F54b, les occupa toute une journée.
Quand le jour revient le chasseur était prêt. J’obtins du Colonel le droit d’aller faire des essais. Les autres pilotes étaient encore incapables de reprendre les commandes. Nous mîmes au point un protocole d’échange radio. Nous étions à la troisième heure du dixième jour après les combats. Tenkiu m’avait dit en aparté que lui et ses copains s’étaient lâchés sur la machine. Les moteurs n’étaient plus ceux d’origine mais des pièces de Z45, pas plus gros, mais quatre fois plus puissants. Les radars et autres générateurs de champs avaient aussi été changés.
- Je crois qu’on s’est laissé entraîné, me dit-il. Jamais nous n’avons bricolé comme cela un vaisseau. Le plus curieux, c’est que tout semble s’entendre.
J’étais impatient de l’essayer. Le décollage me laissa abasourdi. Je sentais à la fois la poussée extraordinaire de la machine et je ne m’écrasais pas. Un nouveau générateur de champ pilote gérait les G. Avec de tels équipements, j’eus un sentiment de toute puissance. Une larme coula, puis une autre. Je pensais que si Ktanm avait eu ce chasseur transformé, elle serait encore là. Je m’éloignais de la troisième planète. Mon plan de vol prévoyait que je fasse le tour d’une des lunes, puis que je croise l’orbite de la quatrième planète et que je rentre. Mes pensées allèrent vers Ktanm pendant que je filais vers la lune 3D. Elle était la seule victime que nous ayons sur la base d’Arche 12. Son inhumation nous avait permis de rendre hommage à tous les morts de cette bataille perdue. Sa tombe regardait vers le soleil levant selon le protocole en usage sur Simpalaa. Les yeux embués, je déclenchais les enregistreurs à courte et longue portée. Le but était de savoir s’il y avait d’autres survivants.
Je me concentrais sur le pilotage. Il y avait toujours beaucoup de débris au loin. Les champs de protection et de défense semblaient doués d’une vie propre. Ils se mettaient en route et se coupaient seuls en fonction des données des différents capteurs radars. Les moteurs non seulement étaient plus puissants mais ils consommaient moins d’énergie. Les techniciens avaient bien travaillé. A croire qu’il avait rendu ce F54b intelligent. Je pénétrais dans un nuage de débris de toutes sortes. Les radars et les champs de protection réagissaient à la perfection. Encore une nouveauté, si je tournais mon regard vers un objet, une bulle d’info me donnait tout ce que je voulais savoir. Je sursautais, cela voulait dire que même les ultra-ondes fonctionnaient en plein vol et que j’avais accès au RésOrd.
Ayant contourné la lune 3D, je remis la puissance. De nouveau la sensation d’accélération fut jouissive. Je filais vers l’orbite de la quatrième planète. Je serais à portée d’enregistreur dans quelques minutes. Le colonel allait être content. J’aurais des informations précises sur ce qui restait sur la quatrième planète. Je me concentrais sur ma tache. Encore quelques secondes…
Le F54b décrocha brutalement sur tribord. Sans le générateur anti G, j’aurais été réduit en bouillie sanguinolente dans mon cockpit. Le tir du disrupteur me rata de peu, mais il me rata. Un disrupteur ici dans le système d’Endoor, je n’en revenais pas. L’énorme vaisseau, un des quatre que possédaient l’Empire, venait de surgir du TET72 près de l’orbite de la quatrième planète. On les appelait des disrupteurs en raison de leur armement particulier. Contrairement aux lasers qui détruisaient leur cible en lui transférant plus d’énergie que ce qu’elle pouvait absorber, les disrupteurs annihilaient tout, y compris l’espace-temps. Son deuxième tir n’eut pas plus d’efficacité, mon chasseur avait quitté la ligne de tir juste avant son déclenchement. Je cherchais un TET à proximité quand une entrée s’ouvrit devant moi. Je rejaillis sur la face cachée d’une lune de la quatrième planète. Je me dis que j’avais de la chance, tellement de chance que ce n’était pas normal. J’étais un excellent pilote mais ce que je venais de faire confinait au génie du pilotage. Ktanm en aurait été capable, pas moi.
- Ktanm ?
- Il t’a fallu du temps Right !
- Ktanm !!!!! Mais tu es où ?
- Là où j’ai toujours rêvé d’être. Je suis le Chasseur. Ce que tu as enterré n’est qu’une enveloppe vide. En Ecotrois, j’ai achevé mon initiation commencée sur Simpalaa. Mon Maître avait raison. Même cela nous est possible.
- Que va-t-on faire avec le disrupteur ?
- Je m’en occupe. Son pilote est Simpalais aussi. C’est un initié de niveau huit. Je sais comment lui dire qui nous sommes. Par contre Right, jure-moi de ne jamais révéler ce que tu viens d’entendre. Ce serait ma mort, la vraie.
- Je te le jure Ktanm.
- Alors, allons-y !
Le chasseur fit un bond en avant. Elle avait des champs de camouflage. Le disrupteur ne nous détecta pas. Ktanm se positionna devant l’œil de la caméra du pilote avant de se faire reconnaître. Il eut un grésillement dans la radio et une voix étouffée murmura.
- Maître Ktanm, ça suffit! Je te donne les codes de reconnaissance.
J’entendis la télétransmission des données de reconnaissance. Apparut devant mes yeux, la silhouette d’un capitaine.
- Vous êtes autorisé à aborder sur le pont 4, entrée 12. Donnez identification vocale.
- Ici lieutenant Right, commandant de la base de la lune Alpha, réfugié sur la base Arche 12 après les combats.
- Bien reçu. Dès que vous aurez été arrimé, l’amiral vous recevra.
Inscription à :
Articles (Atom)
w.jpg)
w.jpg)




aw.jpg)



w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)



w.jpg)

w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)

w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)

w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)


w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)
w.jpg)

w.jpg)
w.jpg)