Les gens aiment croire
Aux légendes
Quand les saints dressent les ours
Gracile, dans les herbes
Un cou, un œil,
Attention mortelle
D'un jaillissement, il est présent
Son œil vers moi
M'hypnotise
Quand la terre sculpte
La roche brûlante
d'imaginaire
L'air revêche
Fleurissent les piquants
Au bonheur de l'abeille
Ils marchent bien droits
Fiers de leur labeur, vital
Ils marchent tout droit
Quand la mer est basse
Les crabes s'agitent
A chacun sa voix
Dans une harmonie
Parfois discordante
Grand âge fragile,
Grand bruit de chute
Ainsi tombe l'arbre
Il est des pierres écartées
Qui trouvent place
Comme claveau
Des profondeurs de la nuit,
Renaît la lumière...
L'aube est là
Soleil du soir : contraste
Bientôt la nuit
Demain, il fera jour
Prendre son temps,
Sans souci de la boue
L'espoir d'une récolte
Patience et longueur de temps...
T'as tout compris
Répond le paysan
Au fond d'un trou
Dans le désert
C'est le seul endroit pour renaître
Un monde hostile
Une graine têtue
Pousse et grandit
Mots croisés :
Colimaçon en profondeur
Qui monte ou descend !
Un espace, des espaces
Des murs
Des tas et des tas de murs
Tracer ses traits, ses montagnes
Choisir ses couleurs
Pays sage
La pluie s'annonce, s'approche
Le sol l'attend
Pour moi, un abri
Piquante géométrie
Rythmée de fleurs
Quasi-Cristal vivant
Pâle lumière
De ce temps, ne reste
qu'une porte fermée
Envol,
Noir soleil évanescent
Que grignotent les ombreux
Un signe ! Un signe ?
C'est vite dit...
Et ce signe que dit-il ?
Au printemps
Sur les ruines du passé
Le présent vit l'avenir
Au loin quelques tentes
Là-bas, plus loin, les montagnes
Respire !
Indispensables ?
Futilités
Aux signes cabalistiques
Couche après couche
Se dépouiller
Pour accueillir le nouveau